Va-t-on vers une pénurie de beurre ? La Fédération des Entreprises de Boulangerie (FEB) tire la sonnette d’alarme en rappelant que le beurre vient de subir une augmentation de 172% en 20 mois. Entretien avec Matthieu Labbé, délégué général de la FEB.


Matthieu Labbé,

Atabula - La cotation du beurre atteint 6,80 euros le kilo, soit une augmentation de 172% en 20 mois. Comment expliquez-vous cette situation ?

Matthieu Labbé - Il y a trois grandes explications à cette augmentation phénoménale. D’abord, le beurre est redevenu un produit à la mode. De nombreuses études ont montré son intérêt gustatif et qu’il n’était pas mauvais pour la santé. Ensuite, les pays émergents en consomment de plus en plus. Enfin, la fin des quotas laitiers a conduit à un fléchissement de la production. Le résultat est désormais terrible : le prix du beurre a augmenté de 172% en 20 mois. Pour de nombreux acteurs, la situation est devenue économiquement intenable, doublée d’un risque de pénurie.

Parler de pénurie, n’est-ce pas exagéré ?

En parlant de pénurie, je ne parle pas de la tablette de beurre que les clients achètent au supermarché. En revanche, oui, ce risque de pénurie existe réellement pour les grossistes. En parlant ouvertement de pénurie, nous souhaitons attirer l’attention des pouvoirs publics pour qu’ils travaillent en pleine coordination avec l’industrie laitière et la grande distribution.

Que demandez-vous exactement ?

Quand le cours du pétrole augmente, tout le monde comprend que le litre d’essence augmente. Là, le cours du beurre augmente et il n’est pas possible de changer les prix. Cela s’explique pour une raison très simple : les contrats entre l’industrie laitière et la grande distribution sont des contrats négociés pour une longue période. Or là, la situation était totalement imprévisible. Nous demandons donc des dérogations pour que entreprises qui achètent du beurre en grande quantité puissent augmenter leur tarif de vente aux acteurs de la grande distribution.

Quelle est la position des pouvoirs publics sur la question ?

Nous avons rencontré cet été le cabinet du ministre de l’agriculture, Stéphane Travert, mais aucune négociation n’a été possible. À ce jour, le blocage est complet alors que la situation est grave.

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Propos recueillis par Franck Pinay-Rabaroust

2 Réponses

  1. Jack

    La fin des quotas c’est plus de limitation donc du lait en plus (+).
    Conséquence + de lait et moins de beurre. Fallait la trouver l’explication.

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