C’est joli un concept bien ficelé. Surtout quand il est estampillé Jamie Oliver qui sait y faire côté marketing. Mais joli n’a jamais voulu dire bon. Or, au restaurant, l’assiette demeure le seul juge de paix. Chez Jamie’s Italian, celle-ci est une catastrophe. Aussi monumentale que la prétention du bonhomme à vous vendre son merchandising omniprésent et sa mauvaise came italienne.

Jamie’s Italian, sorte de trattoria moderne made in England and Wales, ratisse large, de la pasta à la pizza, en passant par la viande, les antipasti et tutti quanti. Dans l’établissement de Cardiff (le concept est partout présent au Royaume-Uni), le cadre est assez grandiose avec une très belle hauteur sous plafond, lumières étudiées, ilot central, comptoir et cuisine ouverte. Mieux, on sait y recevoir les enfants avec un menu étudié et un « bag » destiné aux kids pourvu en crayons et croquis à colorier. Les enfants sont heureux, les parents sont tranquilles.

Salle du restaurant Jamie's Italian à Cardiff (Pays de Galles)

Ne reste qu’à manger. Pour cela, il faut déjà attendre un bon bout de temps – C’est que le temple pseudo italien est bondé – une centaine de couverts – et qu’il n’y a que deux personnes au service. Passons. Impossible en revanche de ne pas pleurer sur la qualité de la pitance : tomate blafarde, buratta dure et sans goût, ravioli à la ricotta sans âme, viandes du « Gennaro’s Mixed Grill » dure comme de la pierre et esquimau (menu enfant) qui a manifestement pris un coup de chaud avant de revivre une courte époque glaciaire... Autant dire que le zéro pointé n’est pas loin. Se développer partout et sur tous les fronts révèle un incontestable talent de la part de Jamie Olivier. Talent honteusement bâclé tant les fondamentaux de la « food » ne sont pas au rendez-vous.

 

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Auteur

Franck Pinay-Rabaroust

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