Restaurant Fanny Rey (Saint-Rémy-de-Provence) : Rey(ne) déchue

C’est toujours émouvant de voir une enseigne de restaurant qui porte le nom du chef. Ca pousse à la rencontre, au tête-à-tête intime. Comme un contrat de confiance qui...

C’est toujours émouvant de voir une enseigne de restaurant qui porte le nom du chef. Ca pousse à la rencontre, au tête-à-tête intime. Comme un contrat de confiance qui oblige le client et le chef.  Autrement dit, il faut y voir aussi un signe de transparence qui permet d’emblée de savoir où l’on met les pieds ; il y faut de l’audace, souvent un brin de prétention de la part du chef, tellement raccord avec cette époque où il a été fait roi. Et quand la télévision est passée par là, alors forcément, le nom se transforme en porte-voix à haute valeur ajoutée.

Portions lilliputiennes, goûts balbutiants, redondance du jeu de texture à coups de mini-croûtons ; il n’y ni a rythme, ni intensité.

Il n’en fallait pas plus pour balayer l’Auberge de la Reine Jeanne et hisser le pavillon du Restaurant Fanny Rey. Sur le menu, c’est bien écrit, en gros, sur une épaisse plaque argentée, au cas où on l’on ne sache pas encore que tout a changé. Et côté changement, le guide Michelin se pose là : en 2017, il s’en est allé étoiler la Reine Rey… Un diner plus tard, le pourquoi de cette étoile laisse plus que songeur et ressemble, une fois de plus, à un dérapage incontrôlé du guide du pneu. Lequel a dû voir le potentiel médiatique de l’étoile (le chef, meilleur VRP du guide !) avant de jauger comme il se devait une assiette qui n’est pas au niveau.

Que retenir de ce diner crépusculaire, où l’intensité des plats était inversement proportionnelle au temps d’attente (presque 40 minutes entre l’entrée et le plat de viande, et cela s’est répété…) ? Rien ou si peu : il y a bien quelques gentillesses de la part du personnel en salle qui jongle entre effacement et proximité. Mais dans l’assiette, c’est la Bérézina culinaire. Portions lilliputiennes, goûts balbutiants, redondance du jeu de texture à coups de mini-croûtons ; il n’y ni a rythme, ni intensité. Pour l’émotion, il faudra repasser. Ca picore plus que ça ne mange, ça élude plus que ça raconte. Derrière les intitulés gourmands se cache la défection gustative, à l’image du homard dont on ne relève ni la texture, ni le goût. Un homard tué pour rien, un ! Léger mieux du côté du sucré réalisé par Jonathan Wahid, champion de France de desserts, mais sans que cela ne contrebalance l’idée que le Restaurant Fanny Rey navigue en eaux troubles.

[divider]Plus, moins, à retenir[/divider]

Le plus – Peut-être demander la table (pour deux couverts) avec vue plongeante sur la cuisine et sentir le rythme de la cuisine.

Le moins – Beaucoup trop de choses. Même la carte des vins semble bien courte en références de la région pour une table étoilée. Les tables en mezzanine sont à éviter, sauf à se vouloir seul au monde…

À retenir – Pour les casse-cou et les curieux, le restaurant Fanny Rey propose un menu à 150 euros en neuf services pour lequel il est précisé que Fanny Rey viendra préparer quelques plats à votre table.

[divider]Se repérer[/divider]

[divider]Auteur[/divider]

Franck Pinay-Rabaroust

2 Nombre de commentaires
  • Joost
    13 septembre 2017 at 10:52
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    Article acide mais parfaitement justifié. Mon repas cet été chez Fanny Rey n’était pas meilleur et je crois que je ne suis pas le seul à penser ça. Dommage.

  • C'est Off… C'est Cuisine… C'est D'actualité… #124 – Food & Sens
    18 septembre 2017 at 7:48
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    […] critique culinaire sur le restaurant de la chef Fanny Rey à Saint-Rémy-de-Provence sur le site Atabula, ne fut pas […]

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    « Je trouve que c’est un fruit merveilleux, le cornichon. Vous pouvez faire une petite salade de fèves et d’oignons nouveaux avec une pointe d’estragon pour le côté anisé et une touche de vinaigre de vin blanc; et vous rajoutez les cornichons coupés en aiguillettes avec une huile d’olive. C’est merveilleux. Autre recette : le velouté de cornichon. Vous les coupez en morceaux, vous les faites fondre dans un petit copeau de beurre, vous recouvrez de lait entier puis laissez cuire une poignée de minutes avant de mixer le tout. Vous obtenez alors un velouté de cornichons frais que vous servez avec un pavé de cabillaud ou bien une volaille. »

    _________

    Alain Passard au micro d’Augustin Trapenard vendredi dernier sur France Inter / Ecouter l’émission

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