Additions, déplacements, invitations… : le journalisme gastronomique en chiffres

Quel montant les critiques gastronomiques dépensent-ils au restaurant chaque année ? Combien de restaurants visitent-ils ? Combien d’auditeurs l’émission On va déguster sur France Inter rassemble-t-elle chaque semaine ? Le journalisme gastronomique en chiffres.

Mots-clés : invitation, tirage, addition, déplacement


Entre 2 et 5 invitations par jour

Chaque jour, un journaliste gastronomique reçoit entre deux et cinq invitations quotidiennes pour découvrir un restaurant, une destination ou recevoir des produits. Cette estimation chiffrée, trouvée dans Le Livre noir de la gastronomie française écrit par Aymeric Mantoux et Emmanuel Rubin en 2011, reste valable aujourd’hui.


Diffusion de 165 000 exemplaires pour Régal, 128 000 pour Elle à Table  

Un détour sur le site de l’Alliance pour les chiffres de la presse et des médias (ACPM) permet d’obtenir les chiffres suivants : 165 000 exemplaires payants diffusés pour le magazine Régal, 143 000 pour Cuisine Actuelle, 128 000 pour Elle à Table, 120 000 pour Cuisine et Vins de France ou Marmiton, 59 000 pour Saveurs, 46 000 pour Papilles, 20 000 pour Pâtisserie Cuisine Actuelle. Le titre Fou de Pâtisserie revendique lui 40 000 exemplaires vendus pour un tirage de 70 000. Le livre-magazine 180°C s’écoule lui en moyenne à 12 000 numéros.


10 000 euros de restaurants par an

Dans son ouvrage Mes Chemins de table publié en 2010, le journaliste JP Gené avançait cette somme qui correspondait alors au budget annuel dont il disposait pour rédiger ses chroniques hebdomadaires dans le cahier week-end du journal Le Monde. 8 000 à 9 000 euros sont alloués chaque année au critique Emmanuel Rubin (Le Figaro) pour ses frais de restaurants, 10 000 euros pour Thibault Danancher (Le Point).


3 à 10 visites pour une critique de restaurant

Si les critiques du mercredi rédigées par le mangeur en chef du New York Times sont autant suivies, c’est parce que le quotidien américain de référence met autant de rigueur dans ses enquêtes internationales que dans ses textes à fourchette. Et pour cause : avant la publication dudit texte, Pete Wells se doit d’aller visiter l’adresse au moins trois fois, parfois jusqu’à dix (incognito et en réglant la note).


60 euros le feuillet au guide du Fooding, 90 chez Saveurs

Si le Syndicat national des journalistes (SNJ) a fixé un prix plancher de 45 euros pour un feuillet (1 500 signes espaces compris), les tarifs varient en fonction des titres. Le guide du Fooding rémunère ses enquêteurs 60 euros du feuillet quand le magazine Saveurs paie moitié plus.


1 200 tables par an

Il le confiait dans les pages du journal La Voix du Nord en 2013 : l’ex-critique gastronomique du Point Gilles Pudlowski, aujourd’hui à son compte avec ses guides éponymes et son blog fourni, visite 1 200 restaurants par an environ. « Certains où je mange vraiment, d’autres où je passe rendre une visite plus rapide. Ce qui compte, ce n’est pas de manger, c’est d’écrire et transmettre l’émotion que l’on a vécue » avançait-il.


2 500 euros pour figurer dans un guide gastronomique régional

Quand le Bouche à Oreille, guide trimestriel de restaurants qui sévit dans les Bouches du Rhône et le Var, visite une table et que celle-ci n’est pas validée, elle passe à la trappe. Quand elle séduit l’auteur en revanche, elle figure pendant trois mois dans les pages du titre. Et si le restaurateur félicité souhaite y apparaître par la suite, il doit mettre la main à la poche, 2 500 euros l’an selon nos informations. Un montant qui permet également de recevoir 150 à 200 exemplaires du magazine.


1 410 000 d’auditeurs pour l’émission On va déguster

Soit le nombre d’auditeurs que réunit l’émission On va déguster sur France Inter chaque dimanche matin (chiffres Médiamétrie pour la période septembre 2016 – juin 2017) autour de l’animateur François-Régis Gaudry (critique gastronomique de l’Express) et ses chroniqueurs.

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[divider]Auteur[/divider]

Ezéchiel Zérah

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