Les trois profils du journaliste gastronomique

Quel est le parcours idéal pour devenir journaliste gastronomique ? En réalité, il n'existe pas. Aucune formation dédiée n'existe, chacun fait son petit bout de chemin pour y arriver....

Quel est le parcours idéal pour devenir journaliste gastronomique ? En réalité, il n’existe pas. Aucune formation dédiée n’existe, chacun fait son petit bout de chemin pour y arriver. Chemin plus ou moins droit. Focus sur les trois grands profils des journalistes gastronomiques.

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[divider]Les reconvertis[/divider]

Ils portent bien leur nom : les reconvertis. Une première vie dans un autre univers professionnel, puis une reconversion pour un métier « passion ». Dans la plupart des cas, la personne possède déjà une culture gastronomique, grâce à une histoire familiale ou à une fréquentation assidue des grands restaurants. La plus « facile » des reconversions est celle qui concerne les personnes issues des métiers de la communication dans le secteur de l’hôtellerie-restauration et qui un jour décide de passer de l’autre côté du miroir. En revanche, il est très rare de rencontrer un reconvertis en provenance des métiers de l’hôtellerie-restauration (hors communication). Aucun chef n’est devenu journaliste gastronomique, même si certains ont rêvé créer leur blog pour critiquer (et noter) les journalistes et autres blogueurs. L’idée a du charme, mais elle n’a toujours pas vu le jour. Concernant le cas particulier des inspecteurs du guide Michelin, ils sont normalement tous issus du secteur de l’hôtellerie-restauration, avec quelques exceptions (reconversion d’un salarié issu du secteur pneu en inspecteur).

[divider]L’amateur professionnalisé[/divider]

L’amateur professionnalisé est souvent rattaché aux chroniqueurs qui intervenaient dans la presse tout en vivant de l’exercice d’un autre métier. Mais aujourd’hui ce type de profil est extrêmement minoritaire. Pour ces personnes, la gastronomie ne représente qu’un simple loisir, exerçant un métier souvent très lucratif, ils se constituent une culture gastronomique en se rendant très souvent dans des restaurants. C’est ensuite leur connaissance dans le milieu journalistique ou l’amitié qui se forme entre eux et les chefs qui leur permettent d’accéder au métier de journaliste spécialisé.

[divider]Le journaliste[/divider]

Le troisième profil qui existe est celui du journaliste, qui lui se décline encore sous différentes formes. Selon une enquête présentée dans le livre de Sidonie Naulin, sur les 25 personnes interrogées, 14 se définissent comme étant des journalistes sans ajouter de mention. Ils se sont donc spécialisés en fonction d’un parcours personnel et des besoins du média. À noter que plus le journaliste est âgé, moins la volonté de se spécialiser « gastronomie » est forte. Inversement, les jeunes journalistes désirent plus se spécialiser dans ce secteur très médiatisé, donc perçu comme très valorisant.

De l’étude de ces trois profils, il ressort que la plupart des journalistes – pour ne pas dire tous – ne sont pas des professionnels de la cuisine. Ils touchent cet univers par l’assiette, mais jamais du côté fourneaux. Cette critique revient souvent chez certains chefs qui ont du mal à accepter la critique de simples plumitifs. Souvent à tort, parfois avec raison. Se pose alors forcément la question de la formation – initiale ou continue – pour améliorer la compréhension de la cuisine par le journaliste. Mais quoi qu’il en soit, il s’agira toujours de deux métiers différents, avec des contraintes spécifiques et parfois irréductibles.

[divider]À lire[/divider]

Des mots à la bouche. Le journalisme gastronomique en France, de Sidonie Naulin – Edition Presses Universitaires de Rennes

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[divider]Auteur[/divider]

Mona-Lisa Isnard / © jcomp

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