Fanny Rey devrait être élue Femme Chef de l’Année pour les premiers Prix Michelin 2017 en France

Selon nos informations, la chef Fanny Rey devrait recevoir le lundi 25 septembre le prix de la Femme chef de l’année par le guide Michelin. Ce prix, sponsorisé par le champagne Veuve Clicquot, est une première en France. Atabula avait annoncé la création de ces « Prix Michelin dédiés au monde de la gastronomie » en octobre 2016. Depuis, ils ont été lancés en Grande-Bretagne. C’est désormais au tour de la France de découvrir ces prix qui ne font pas l’unanimité, même au sein de la direction du guide du pneu.

Dans le guide Michelin 2017, Fanny Rey avait été la seule femme chef à recevoir une nouvelle étoile (parmi les 70 nouveaux promus). Ce qui fait d’elle la candidate logique pour un tel prix. Fanny Rey a notamment travaillé à la Bastide de Marie (Ménerbes, Luberon), à l’Oustau de Baumanière (Baux-de-Provence) ou au Ritz (Paris). Elle s’était fait connaître du grand public en participant à l’émission Top Chef édition 2011. En cuisine, elle travaille avec son compagnon Jonathan Wahid, pâtissier et ancien champion de France du dessert. Atabula a récemment critiqué la table (lire la critique).

Double limite de ces prix : leur dépendance par rapport aux étoiles ; l’impossibilité de lire leur valeur ajoutée.

Le lancement de ces Prix Michelin marque une évolution surprenante de la part d’un guide qui cherche un nouveau souffle dans un environnement concurrentiel. Il est évident que ces Prix veulent titiller le World’s 50 Best, classement considéré comme un réel adversaire. Avec, sublime paradoxe, le même partenaire pour le prix de la Femme chef : Veuve Clicquot. Quand le Michelin copie, il copie vraiment ! Mais en moins bien. Car le Michelin n’est pas « construit » pour être tendanceur : les inspecteurs ne visitent que les tables de leur région, et ne possèdent pas une photographie de la France culinaire à un moment T. Comme Atabula l’expliquait dans un précédent article, « le vote pour chacun des prix se fera donc en fonction du plus petit dénominateur commun, nullement en fonction des qualités intrinsèques des uns et des autres. » C’est exactement le cas avec Fanny Rey. Puisqu’elle est la seule femme chef à avoir reçu une étoile, difficile de ne pas lui remettre ce prix, sauf à déjuger l’étoile. Ce qui montre déjà la double limite de ces prix : leur dépendance par rapport aux étoiles ; l’impossibilité de lire leur valeur ajoutée.

Seule valeur ajoutée tangible : la double temporalité de la marque Michelin, donc une meilleure visibilité médiatique. Le nouveau guide et les étoiles en février, les Prix en septembre. En cette époque où la gastronomie bouge chaque jour, le Michelin passe la seconde pour ne pas se laisser distancer par le Gault&Millau qui bouge énormément, et par le 50 Best qui se développe. Enfin, le guide se pollue lui-même. Car, si les Prix se pérennisent, ne risquent-ils pas de créer une concurrence interne entre les deux récompenses, au double risque de dévaloriser les étoiles et de rendre illisible la hiérarchie des récompenses pour les chefs ? Entre ses développements internes (projets, réorganisation…) et sa croissance externe (Le Fooding…), le Michelin risque de se prendre le pneu dans le tapis rouge.

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Franck Pinay-Rabaroust  / ©Stéphane de Bourgies

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