De loin, ça ressemble à un rade de quartier, ambiance gros rouge et piliers de comptoir, bien loin de l’ultra boboisation accélérée du quartier. De près, d’autres codes s’imposent et on sent qu’Etsi mérite sa réputation naissante d’antre grecque. En quelques mois, la chef Mikaela Liaroutsos a bien mené sa barque, discrète mais déjà bien repérée par les amoureux de bons petits plats. Esti, c’est un petit peu le pendant grec de l’Avant-Comptoir d’Yves Camdeborde avec ses petites portions à partager et ses prix raisonnables.

Croquettes de courgettes renversantes ; féta saganaki, betteraves et noisettes, vinaigrette au miel surprenante, frites à la féta rassurantes, les plats taille mezze font parfaitement le boulot. En revanche, le plat du jour (sauté d’agneau, purée de carotte au zaatar, aubergines marinées au citron) séduit moins, un brin trop sage, pas assez tranchant, pas assez grec, tout comme la petite assiette de charcuterie sans intérêt. Reste que l’on sent que Mikaela Liarorutsos (ex Lignac et Rostang) maitrise ses assiettes et qu’elle se joue parfaitement des contraintes (elle est seul dans une cuisine format cagibi) pour envoyer quelques pépites grecques qui rappellent tout le potentiel de cette cuisine venue d’ailleurs. Etsi, c’est « comme ça » (en grec) et c’est très bien.

Plus, moins, à retenir

Le plus : il est possible de se faire (grand) plaisir avec quelques assiettes et une bouteille de vin grec sans casser sa tirelire ; service jeune, souriant et compétent

Le moins : c'est un "moins" très subjectif avec quelques propositions culinaires moins tranchées, mais pas de quoi s'inquiéter

À retenir : Etsi marque le renouveau (avec d'autres adresses) de la cuisine grecque à Paris et, plus largement, de tout le potentiel de la cuisine méditerranéenne.

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Auteur

Franck Pinay-Rabaroust / ©FPR

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