Cédric Grolet et sa boutique, Simone Zanoni et sa résidence : chef « hors les murs », nouvelle stratégie de développement des palaces ?

Alors que Paris compte un nombre croissant de palaces et grands hôtels de luxe, certains de ces établissements ont décidé de valoriser leur marque "hors les murs". Objectifs ?...

Alors que Paris compte un nombre croissant de palaces et grands hôtels de luxe, certains de ces établissements ont décidé de valoriser leur marque « hors les murs ». Objectifs ? Proposer une nouvelle expérience à leurs clients, explorer un territoire d’activité neuf et se faire connaître d’un nouveau public.


Cela pourrait paraître anodin mais ça ne l’est pas : l’hôtel parisien Le Meurice va prochainement ouvrir rue de Castiglione, à deux pas de la localisation du palace, une boutique en association avec son chef pâtissier star, Cédric Grolet. Un maestro du sucré qui, à 32 ans, noircit sur son seul nom les carnets de réservation du goûter de l’hôtel de luxe. C’est que l’ancien disciple de chez Fauchon a un atout de taille : sa communauté digitale. Sur Instagram, le nouvel héros de la pâtisserie hexagonale comptabilise plus d’un demi-million de fans séduits par ses créations ultra léchées. A titre de comparaison, Alain Ducasse, qui chapeaute la restauration des lieux, plafonne à 212 000. Et 91 000 « seulement » pour l’employeur de Grolet. Pour conserver sa poule aux œufs d’or en poste depuis septembre 2012, le Meurice a donc sorti le grand jeu, rêve de tout bon pâtissier : l’ouverture d’une boutique au nom du jeune premier. Peu importe le deal financier entre les deux parties : l’aventure « palace hors les murs » est à priori une première en France.

D’où cette question : cette ouverture est-t-elle une singularité ou annonce-t-elle au contraire une stratégie nouvelle des palaces français en général et parisiens en particulier ? La réflexion n’est, elle, pas nouvelle : le directeur de la restauration d’un grand hôtel de luxe ne nous disait-il pas récemment que le Bristol avait déjà réfléchi à une idée similaire il y a quelques temps ? A l’heure où le mercato fait rage entre les enseignes hôtelières, cela permet à ces dernières de conserver leurs collaborateurs tout en leur offrant un nouveau terrain de jeu. Cela permettrait aussi de s’adresser à un nouveau public qui viendrait peut-être découvrir la version mère (dîner à la brasserie maison, déjeuner au restaurant gastronomique, tea time dans la galerie ou cocktails au bar) après avoir tâté du croissant et du financier hautement siglés. Démocratiser le palace donc, sans le vulgariser. Valoriser la marque en l’exportant.

Au George V, un projet dans la même veine devrait prochainement voir le jour. Consciente que le luxe absolu réside moins dans les dorures que dans l’expérience, la direction de l’hôtel travaille depuis des mois à l’aménagement d’une propriété privée dans les Yvelines achetée par Simone Zanoni, brigadier en chef de l’une des trois tables internes (Le George, une étoile au guide Michelin depuis février dernier pour ses assiettes méditerranéennes). Objectif ? Proposer une cuisine George V où de riches gourmets pourront réserver des cours particuliers avec Zanoni ou inviter leurs amis pour un repas en toute intimité avec le chef italien. « Au total, il y aura 80 m2 de cuisine professionnelle avec un piano de trois mètres dernier cri, des machines pour faire du sous-vide, de la basse température, un tiroir avec bouton secret pour les couteaux… Aujourd’hui, les foodies qui ont 40 ou 60 000 euros à dépenser ne veulent pas s’acheter une voiture, ils ont envie de faire partager leur passion avec leurs proches et achètent des fourneaux professionnels, veulent montrer leur bijou… Notre but est d’offrir un moment unique, différent. Et le George V a compris que je suis différent. Tout le monde fait du palace aujourd’hui à Paris : avant, nous étions cinq, aujourd’hui 15. Il faut se différencier, injecter de l’humain ».

Après ces deux cas bientôt très concrets, à quand des espaces extérieurs Plaza Athénée, Ritz, Shangri-La ou Royal Monceau ?

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Ezéchiel Zérah / ©Le Meurice

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