Historique, jury, budget, catégories… tout savoir sur les World Restaurant Awards

Devenir les « Oscars de la gastronomie » : telle est l’ambition XXL des World Restaurant Awards dont la première édition se tiendra le 14 mai 2018 à la mairie de Paris. Des « Oscars », il y en aura une douzaine, aux noms plutôt étranges : « Restaurant de l’année », « Nouveau restaurant de l’année », « Événement de l’année », « Prix de l’innovation », « Distinction pour la ville hôte », « Trophée patrimoine pour les tables de plus de 50 ans », « Pépites à perpète pour les restaurants qui méritent vraiment le très large détour » et même un très sérieux « Prix du chef qui reste en cuisine »). Au World Restaurant Awards, on ne manque pas d’humour.

A l’origine du projet, l’Italien Andrea Petrini et le Nord-Irlandais Joe Warwick, qui se sont rencontrés alors qu’ils travaillaient pour le classement désormais concurrent, les World’s 50 Best Restaurants. Le premier, Lyonnais d’adoption, est un intello dandy globe-trotter respecté qui s’amuse à créer un « Vis ma vie » pour des cuisiniers capés du monde entier. Le second habite Londres, a publié le guide Where chefs eat aux éditions Phaidon (450 toques ont recommandé et commenté leurs adresses favorites), et prend sa plume pour des médias australiens (Gourmet Traveller) ou français (guide Lebey Paris-Londres).

« Quand j’ai quitté le 50 Best vers 2007-2008, mon souhait était de créer rapidement un palmarès différent, de revenir à un système de catégories plus traditionnelles, avec l’inspection des futurs restaurants lauréats. J’en ai parlé à Justin Clarke, à l’époque patron des événements ‘Taste Of’. Nous avons avancé là-dessus, rencontré de potentiels partenaires comme British Airways mais ça ne s’est malheureusement jamais concrétisé. En 2013, ‘Taste Of’ a été racheté par la société IMG, laquelle a été à son tour rachetée par le groupe William Morris Endeavor (WME). Entre temps, Justin a pris du galon et est aujourd’hui vice-président d’IMG. Il est revenu vers moi fin 2016 pour me dire que l’aventure allait pouvoir voir le jour. En avril dernier, il m’a envoyé le contrat pour lancer officiellement les World Restaurant Awards » raconte Joe Warwick, de passage à Paris. Tous deux missionnés par IMG, Petrini s’occupe de la partie jury, Warwick est « directeur de la création ». Budget de l’opération : « deux à trois millions de livres sterling ». 

Quand le 50 Best fonctionne en découpage géographique avec plus de 1 000 jurés dans 26 zones désignés par des chefs de groupes régionaux (« nous ne sommes pas les Nations Unies » ironise Joe Warwick), les World Restaurant Awards ont eux mis en place une distinction en deux temps : les 100 votants (50% de chefs, 40% de journalistes, 10% de gourmets voyageurs), dont la liste sera prochainement dévoilée (« quasi paritaire » annonce le duo), recommandent des adresses en fonction des catégories avant qu’une vingtaine d’entre eux inspectent anonymement et en équipe les six restaurants de la shortlist de chaque catégorie en réglant la facture, remboursée après coup.« Peu importe que les jurés paient leur repas ou soient invités. Combien de journalistes aujourd’hui dans le monde paient l’ensemble de leurs notes ? Il faut prendre en compte la réalité des choses. Comment savoir si les votants se sont attablés dans les établissements pour qui il votent ? Le gratin de l’industrie va faire partie du jury : vous voyez Alain Ducasse ou David Chang prétendre qu’ils se sont attablés ici ou là alors que ce n’est pas le cas  ? » lance Andrea Petrini. « En tant que consommateur, j’adore les listes » indique-t-il « mais le 50 Best était un article de magazine qui est devenu un prix. Or ça n’a jamais été conçu pour être un prix. C’est le cas en revanche des World Restaurant Awards » complète Joe Warwick.

Les trois premières éditions auront lieu à Paris. Un choix jugé logique pour les deux géniteurs des World Restaurant Awards, la ville étant le « lieu de naissance des restaurants ». « Et puis, IMG a une très bonne équipe en France, chapeautée par Helen Janssen-Lecendreux, qui organise Taste of Paris » ajoute Joe Warwick. Taste of Paris se tiendra d’ailleurs trois jours plus tard au Grand Palais en 2018. Qu’on le veuille ou non, la décision est également politique. Il faut se rappeler la forte méfiance, défiance même, qu’a suscité  le 50 Best pendant longtemps dans l’Hexagone. Absence de bienveillance oblige dans notre pays, la cérémonie annuelle du 50 Best n’a jamais eu lieu dans la capitale française (après Londres des années durant, elle s’est exportée à New York en 2016, Melbourne en 2017 et se déroulera à Bilbao l’an prochain). Ce n’est  pourtant pas l’envie qui manque à Hélène Pietrini, Française qui dirige aujourd’hui le 50 Best.  

Mi-50 Best pour la dimension internationale, mi-Fooding pour l’esprit décalé, les World Restaurant Awards vont faire parler d’eux. Reste à savoir s’ils ne se noieront pas au sein de la (longue) liste des palmarès et distinctions à fourchette. « Ce n’est pas encore une putain de liste ! » s’exclame Joe Warwick.

[divider]Pratique[/divider]

Le site des World Restaurant Awards – restaurantawards.world

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[divider]Auteurs[/divider]

Ezéchiel Zérah / ©World Restaurant Awards

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