Tourisme et gastronomie : un couple toujours plus fort

Jamais la gastronomie n’a joué un tel rôle dans l’économie du tourisme mondial. Chaque année, les sondages ne se contentent pas de se répéter, ils accentuent cette tendance de...

Jamais la gastronomie n’a joué un tel rôle dans l’économie du tourisme mondial. Chaque année, les sondages ne se contentent pas de se répéter, ils accentuent cette tendance de fond selon laquelle le voyageur opte pour telle ou telle destination en fonction de sa gastronomie. Autant dire que les pouvoirs publics – à l’échelle nationale ou locale – se battent toujours plus sur ce terrain pour gagner en attractivité. En la matière, la France ne fait plus exception.

Selon un tout récent sondage réalisé par le site Booking.com auprès de 18 500 personnes réparties dans 26 pays, 41% des voyageurs rechercheront de nouvelles expériences gastronomiques en 2018. L’an dernier, ce chiffre n’était « que » de 29%, soit un bond de 12 points. Pour plus d’un voyageur sur cinq (22%), le choix de la destination dépendra uniquement de l’offre culinaire locale. Sur la nature précise des attentes, le sondage ratisse large et met en avant autant la street-food que les tables étoilées. Autrement dit, chaque ville, de Paris à Hanoi, dispose de ses propres atouts pour valoriser son territoire.

« Remettre l’église au centre du village »

Pendant (trop) longtemps, sûre de sa force, la France s’est abstenue de mener une politique ambitieuse pour valoriser sa gastronomie. Depuis ces dernières années, la donne a changé. En 2014, le lancement du Conseil de promotion du tourisme marque la volonté du gouvernement de l’époque de valoriser la qualité culinaire hexagonale. Il faut dire que les principaux pays concurrents – notamment les pays nordiques – ont déjà investi plusieurs millions d’euros pour faire venir toute la presse internationale dans leurs restaurants et vanter leur vision culinaire. Le succès du classement du World’s 50 Best, dans lequel la France est mal représentée, ne fait que renforcer la volonté des chefs français de redorer leur blason. La création de la Liste – dont le lancement officiel de l’édition 2018 a lieu ce lundi 4 décembre au Quai d’Orsay – s’inscrit dans cette « volonté de remettre l’église au centre du village » explique à Atabula Philippe Faure, président du conseil d’administration d’Atout France. « Notre volonté n’est pas de combattre qui que ce soit, mais de montrer la réalité des faits en réalisant une analyse mondiale de tous les guides et classements dédiés au restaurant. Le résultat est là : la France se porte bien, très bien même » assure-t-il. Cocorico donc !

Le locavorisme est probablement le plus grand concept opérationnel pour valoriser son territoire gastronomique

À territoire mondialisé, compétition sans frontières. Tous les pays – ou presque – ont compris qu’il fallait valoriser leur richesse culinaire. Et même ceux qui n’ont pas une histoire surdéveloppée en la matière peuvent s’enorgueillir d’être unique. Grâce à un concept dont on n’a pas encore analysé tous les ressorts : le locavorisme. La valorisation des produits locaux, endémiques ou pas, permet de dire que c’est ici et nulle part ailleurs qu’il sera possible de manger telle ou telle préparation culinaire. Peu importe que le plat soit grandiose puisqu’il est (vendu comme) unique. Les sondages ne disent pas autre chose : le mangeur-voyageur veut vivre une expérience unique, spécifique et locale. En cela, le locavorisme est probablement le plus grand concept opérationnel pour valoriser son territoire gastronomique. Compétition mais entraide également à l’instar du réseau Délice qui rassemble de nombreuses villes à travers le monde pour valoriser en commun leur patrimoine gastronomique. Créé en 2007, le réseau entend partager ses bonnes pratiques entre ses membres. La prochaine assemblée générale se déroulera à Bruxelles en février 2018.

Miser sur le produit, sur l’expérience singulière, sur l’identité des chefs, sur les guides et les classements, sur l’événementialisation, l’éventail des possibles pour rendre la destination attractive est large. Chaque pays mise sur ses atouts pour rafler la mise touristique. Reste à savoir quels seront les arguments de demain ? Puisqu’il faut toujours se différencier et aller plus loin pour rester attractif, le discours touristico-gastronomique va forcément évoluer dans les prochaines années. Seule certitude : le tourisme et la gastronomie forment un couple lié pour longtemps.   

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[divider]Auteur[/divider]

Franck Pinay-Rabaroust / ©Tobias

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