Des nouvelles tables lyonnaises, il y en a un paquet. Mais le restaurant Monsieur P, lancé le 27 novembre 2017, cumule les aimants à foodies. Il y a d’abord le profil du chef bien sûr. Né à Saint-Laurent-de-Chamousset (Rhône), Florent Poulard se destinait à devenir pédiatre après son bac scientifique. Le stand de l’Institut Bocuse sur un salon fera changer d’avis celui qui a toujours aimé préparer sauce tomate maison, bœuf Wellington et flan aux œufs pour ses proches. A 27 ans, son CV est désormais doré : Alain Chapel aux côtés de Philippe Jousse, Guy Savoy, L’Arpège où il restera un an et demi, d’abord aux légumes puis à la rôtisserie. Dernière expérience en date : un poste de sous-chef chez Daniel Boulud à New York, table éponyme auréolée de deux astres Michelin et de trois étoiles au New York Times.

Second atout : les associés (minoritaires) du cuisinier, rencontrés au bureau des élèves (BDE) de l'école. Lemmy Brou et Jean-François Tetedoie pour ne pas les citer, jeunes gérants du Café Terroir. D'aucuns remarqueront que le second est le fils de son père, Christian Tetedoie, figure de la haute popote locale. Il y a la localisation aussi, rue Royale, celle-là même où est située l'emblématique Mère Brazier aujourd'hui animée par le Meilleur Ouvrier de France (MOF) Mathieu Viannay. "Je ne veux pas profiter de son image. Il est MOF, a deux étoiles Michelin, incarne la plus grande des mères lyonnaises... C'est un honneur d'être installé près d'une telle maison" confesse timidement Florent Poulard. Respect ou non, ce n'est pas n'importe quelle rue dans la cité des Gones. Symbolique, quand tu nous tiens...

Autre ligne séduisante : le story-telling de l'enseigne, qui tranche avec le discours des innombrables nouveaux venus bistronomiques. Les trois garçons ont tablé sur un univers imaginaire : Monsieur P est un notable lyonnais qui aime voyager et qui a fait de Florent Poulard sa toque particulière. Le premier reçoit donc dans sa maison bourgeoise divisée en trois espaces (32 couverts au total) : salle à manger, bureau et table du chef où trône en images les missions passées de Florent Poulard (Guy Savoy, Alain Passard, Daniel Boulud et Alain Chapel sont croqués sur le mur). 

À midi, Monsieur P fait dans la simplicité entre le "chez maman" et le bistrot moderne. 22 ou 26 euros selon la formule avec grosses pièces entières rôties et lyonnaiseries fines (excellente hure de porc-poireaux moutarde travaillée dans l'esprit du pâté de tête lyonnais). Le soir, ça flirte avec le gastro, et à tarifs démocratiques (38 ou 48 euros le menu) : lotte entière servie avec crème d’olives de Kalamata et légumes racines, volaille de Bresse (cuisse confite et suprême rôti) et céleris en déclinaisons (légumes de chez Agriz, le "Terroirs d'Avenir" régional), assiette de coing et glace au pain grillé… "On est dans une gastronomie 2.0. Une gastronomie vivante, qui a de la distance par rapport au client tout en étant non guindée" lance Florent Poulard, qui se qualifie de génération Fooding mais a été biberonné au guide rouge tout au long de son parcours. 

La presse comme les serial gourmets ne se sont pas encore jetés sur l'adresse mais ça ne saurait tarder. Le journal Le Progrès a déjà prévu deux pages dédiées dans son édition de samedi prochain. Bref, il y a comme un goût de sucess story dans l'air. Monsieur P est déjà séduisant, et pas que sur le papier.

Pratique

Monsieur P - 4 rue Royale, 69001 Lyon - 04 82 31 87 63 -  www.monsieurp.fr

Auteurs

Ezéchiel Zérah / ©Monsieur P

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