Fredéric Le Manach (Bloom) : « L’intégralité des pêcheurs de la mer du Nord nous disent que la pêche électrique est un délire »

Frédéric Le Manach est spécialiste de la pêche et des ressources aquatiques. Au sein de l’association Bloom, il lutte actuellement contre la destructrice pêche électrique, encore pratiquée en mer...

Frédéric Le Manach est spécialiste de la pêche et des ressources aquatiques. Au sein de l’association Bloom, il lutte actuellement contre la destructrice pêche électrique, encore pratiquée en mer du Nord. Des chefs reconnus, avec à leur tête Christopher Coutanceau, soutiennent l'action de BLOOM au niveau de l’Union Européenne.


Atabula - Qu’est-ce que la pêche électrique et quels sont ses dangers ?

Frédéric le Manach - Il s’agit de la même technique que la pêche au chalut, sauf que le filet est équipé d’électrodes. Tout en grattant les fonds marins, il envoie des décharges électriques pour faire sortir les poissons logés dans les sédiments. Cette technique abîme l’habitat naturel des poissons et les poissons qui, lorsqu’ils ne sont pas attrapés, peuvent être blessés. Des études ont montré des cabillauds dont le dos a été fracturé mais également l’affaiblissement du système immunitaire des crevettes. 

Pouvez-vous expliquer l’action actuellement menée par l’association Bloom ?

En 1998, la Commission européenne a interdit la pêche électrique. Depuis décembre 2006, des dérogations ont été accordées en Mer du Nord sous les coups de boutoirs du lobby industriel néerlandais et contre les avis de scientifiques. En 2016, la Commission a remis l’autorisation sur la table. C’est à partir de là que nous avons débuté cette action. BLOOM est une association de chercheurs, qui ne prend la parole que lorsqu’elle peut avancer des faits scientifiquement vérifiés. Le 2 octobre 2017, nous avons déposé une plainte contre les Pays-Bas, dont 82% des licences de pêche sont illégales. Aujourd’hui, de nombreuses ONG nous soutiennent et l’intégralité des pêcheurs de mer du Nord nous disent que la pêche électrique est un délire, qu’il n’y a plus de poissons. Le mardi 16 janvier prochain, une mesure technique sera votée par le Parlement européen. Nous voulons qu’elle penche en faveur d’une interdiction définitive.

Comment êtes-vous entré en relation avec les chefs et quel va être leur rôle ?

Christopher Coutanceau nous a approché il y a un an. Depuis, nous collaborons, nous nous renvoyons la balle par voie de presse. Il a aujourd’hui le leadership du côté des chefs sur cette question, avec le soutien de Relais & Châteaux Monde. Mercredi 10 janvier, Bloom organise un évènement à Bruxelles où une pétition signée par des chefs prestigieux sera dévoilée. Normalement, nous devrions avoir le soutien des Grandes Tables du Monde. Si les chefs signent la pétition après mercredi, ce n’est pas grave. Après le vote vient le temps du dialogue entre Parlement, Conseil et Commission, qui est extrêmement important.

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Signez la pétition

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Propos recueillis par Louis Jeudi

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