La carte bleue, l’outil anti no-show par excellence ?

Garantir la réservation au restaurant en prenant le portefeuille en otage, voilà probablement la meilleure solution pour réduire, voire anéantir, le no-show. Si, hier, cela semblait impossible d’en arriver là en France, les dernières évolutions prouvent que les mœurs évoluent.


Le coup du portefeuille, ça marche toujours. Certes, ça pique un petit peu de laisser son numéro de carte bleue pour réserver un restaurant, mais… Chez Guestonline, l’un des acteurs de la réservation en ligne, la tendance ne fait aucun doute. « Il y a trois ans, nous avons proposé ce nouveau service aux restaurateurs. La première année, nous avions deux clients ; l’an dernier, seulement 3% de nos clients avaient pris ce service ; cette année, nous sommes à 10% » assure le directeur général Antoine Girard. Même son de cloche du côté de LaFourchette. « Ça ne cesse de monter en puissance » explique Matthieu Bagur, directeur France de la plateforme de réservation. Qui relativise tout de même : « Le marché n’est pas encore totalement mature sur ce sujet. » Néanmoins, aucune raison que le mouvement ne s’arrête, d’autant plus que de nouveaux systèmes de paiement verront le jour, grâce auxquels il sera inutile de sortir physiquement sa carte bleue.

Culturellement, les verrous sautent doucement et le Français se fait à l’idée de payer pour garantir sa réservation. « C’est le début d’une évolution profonde dans la consommation du restaurant » souligne Antoine Girard. Qui ajoute : « Finalement, on va au restaurant aujourd’hui pour vivre une expérience singulière, de la même façon que l’on va voir un spectacle. Quand on va au théâtre et que l’on réserve en ligne, on paie l’intégralité des places sans sourciller. » Billets de train, courses alimentaires, hôtels, spectacles, tout s’achète et se paie en ligne aujourd’hui. De simple plateforme de réservation, les grands acteurs de la réservation en ligne de restaurants pourraient bien se transformer en plateforme de e-commerce. « Le ticketing est déjà en marche aux Etats-Unis explique Antoine Girard. Dans l’univers de la haute gastronomie, il n’est pas rare de payer l’intégralité de son menu en ligne. » Aujourd’hui de l’autre côté de l’Atlantique, demain en France ? Pas impossible. Au Royaume-Uni et dans les pays de l’Europe du Nord, la carte bleue est de plus en plus requise pour réserver et de nombreux acteurs du secteur pensent que, demain, il sera possible de choisir et payer son menu en ligne. Et pourquoi pas faire des tarifs réduits pour ceux qui paient en avance, à l’instar de ce qu’il se fait pour les locations de ski par exemple ? Tout est possible dans un univers en profonde mutation. Et bien sûr, pour en revenir à la question de savoir si le no-show baisse quand il y a un risque de payer sa défection, la réponse est trois fois oui !

Demain, il y a donc fort à parier que la demande du numéro de la « CB » va se multiplier, d’autant plus que la nouvelle génération de chefs ne se gênent pas pour le faire. « Tous nos nouveaux clients nous le demandent » assène le directeur général de Guestonline. Circonscrit encore largement aux dates-clés (Saint-Valentin ; nouvel-an), le phénomène devrait prendre de l’ampleur. Le vendredi et le samedi soir, puis en semaine en fonction du rapport connu de l’offre et de la demande. Reste la question de savoir si le client va accepter de laisser ses informations bancaires à des « intermédiaires » comme LaFourchette ou Guestonline, ou s’il ne préférera pas réserver directement sur le site web du restaurateur. Or, aujourd’hui, tout est fait pour que les réservations se fassent via les intermédiaires et non pas sur le site du restaurant. Un frein possible, mais loin d’être insurmontable. Au final, si ce mouvement devait se généraliser, il pourrait émerger deux grands types de tables : celles qui font le choix de ne plus proposer de réservations – à l’instar du groupe Big Mamma (mais qui optimiseront la gestion des files d’attente), et celles qui vont privilégier la dimension « spectacle » du restaurant et qui feront payer leur client au moment de la réservation. Avec une telle évolution, les caisses du restaurant déjà pleines, le no-show en deviendrait presque une aubaine économique, et faire coup double avec une seule table.

[divider]Auteurs[/divider]

Franck Pinay-Rabaroust / © liderina 

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