Les vins rosés de Provence, encore moqués il y a une vingtaine d'années, confirment leur formidable envolée à l'étranger, en particulier aux Etats-Unis qui ont absorbé la moitié des exportations l'an passé.


"Le phénomène d'internationalisation des vins rosés de Provence s'accélère", a déclaré jeudi Brice Eymard, directeur-général du Conseil interprofessionnel des vins de Provence (CIVP), lors d'une conférence de presse à Paris. "Jusqu'en 2010-2011, on en exportait assez peu, la France étant alors le principal producteur et consommateur, et on voit maintenant la part de l'exportation s'accélérer nettement", a-t-il dit. En volume, les exportations de vins rosés, qui avaient déjà augmenté de 34% entre 2014 et 2015, et de 31% entre 2015 et 2016, ont encore fait un bond de 36% entre 2016 et 2017. En valeur, après un bond initial de 48% entre 2014 et 2015, la hausse s'est poursuivie à +35% entre 2015 et 2016, et à +38% entre 2016 et 2017, selon les chiffres du CIVP, basés sur les statistiques des douanes. Le prix moyen à l'exportation (hors taxes) a quasiment doublé en moins de 10 ans: En 2008, le "col" de rosé moyen s'exportait à 2,56 euros au départ de la cave professionnelle, et en 2017 il partait à 4,44 euros, selon le CIVP.

22 millions de bouteilles vendues aux Etats-Unis soit 43 % des exportations de rosé de Provence en 2017

Les Etats-Unis sont devenus le premier pays d'exportation, mais les ventes augmentent partout dans le monde, avec neuf pays achetant plus de 10.000 hectolitres en 2017, contre seulement deux (Belgique et Suisse) en 2008. M. Eymard a notamment souligné l'entrée de l'Australie dans le top 10. Aux Etats-Unis, 22 millions de bouteilles ont été vendues l'an passé, soit 43% des exportations de rosé de Provence en volume et la moitié en valeur.Dans ce pays, où les ventes s'élevaient à peine à 3 millions d'euros en 2008, le chiffre d'affaires export a gonflé à 114,3 millions d'euros l'an passé. "Au début quand je me présentais, la Provence était inconnue, je disais que j'habitais entre Marseille et Saint-Tropez, maintenant tout le monde connaît Hyères", explique Henri Fabre-Bartalli, directeur-général de la maison Fabre, qui y représente la 17e génération de viticulteurs.

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Atabula avec AFP

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