Les nouveaux médias food en France : Munchies, la pop-culture qui se mange

La planète food s’agite côté médias depuis une poignée d’années, parfois même mois voire semaines, avec l’apparition de podcasts, sites en ligne, chaînes vidéo sur les réseaux sociaux et revue imprimée. Cette semaine, place au site Munchies. 


Branche culinaire du groupe de médias Vice, Munchies traite de la « culture bouffe » aux États-Unis depuis 2014 à travers un site dédié et une chaîne vidéo en ligne. Fort de son succès dû à son ton mi-sérieux mi-décalé, des éditions internationales sont mises en place par la suite (Allemagne, Suisse, Mexique, Royaume-Uni, Danemark, Pays-Bas, Italie). Munchies France apparaît en mai 2015, chapeauté par le journaliste Léo Bourdin. A 31 ans, ce Parisien s’est d’abord concentré sur la culture numérique et nouvelles technologies avant de glisser vers la gastronomie avec sa revue de presse « Bouffe à Bouche », concentré de ses trouvailles en France et à l’étranger pour le site du magazine Les Inrocks.

Destiné en priorité aux 25-35 ans, Munchies s’interroge à travers ses articles sur ce qu’avalent les clubbeurs, les chefs de cuisine après leur service ou les gens qui se font larguer, fait manger l’une de ses plumes avec les mains pendant une semaine, imagine une fiction à partir d’images dénichées sur le web, suit via un film nocturne l’équipe du parisien Vivant, déroule un compte-rendu original des épisodes de Top Chef, publie un papier titré « Il est enfin possible de boire du pinard dans un anus géant » tout en relayant un billet d’opinion sur l’odorat signé de la cheffe triplement étoilée Anne-Sophie Pic. Léo Bourdin : « On voyait des livres de cuisine, des magazines de recettes, les critiques et le guide Michelin mais rien au delà-de l’aspect prescription. Or la bouffe est quelque chose de l’ordre du culturel. C’est une culture à part entière. Quand on parle de Bocuse, c’est pour raconter l’histoire d’un fanatique qui veut lui faire décrocher une quatrième étoile. La nourriture est un prétexte pour parler du monde dans lequel on vit. L’an dernier, nous avons lancé la rubrique Buffets de Campagne à travers laquelle nous parlions tambouille politique. On a raconté le meeting de Benoît Hamon depuis le buffet presse, la soirée pizza des militants d’En Marche, le pique-nique de la France Insoumise à Toulouse… ». « Boulimique de presse », Léo Bourdin dévore pour s’inspirer les faits-divers du Parisien autant que les enquêtes du Monde diplomatique. « Côté médias gastronomiques, je me régale également des critiques du journaliste Jay Rayner dans le Guardian, c’est le truc le plus poilant du Monde. J’aime aussi les revues papier Club Sandwich et Noble Rot ».

 

« Nous n’avons pas de pétrole mais on a une liberté éditoriale folle » reprend l’intéressé qui compte un journaliste en interne à ses côtés (Alexis Ferenczi) et peut s’appuyer sur un pool d’une dizaine de pigistes ainsi que sur les traductions des autres versions étrangères qui représentent environ 40% à 50% du contenu hexagonal (cinq articles rédigés par l’équipe française sont eux repris chaque mois par les Munchies étrangers, ndlr). Les bureaux de Vice un peu partout dans le monde, c’est l’une de nos forces. Avec autant de correspondants, nous sommes un peu l’AFP du cool ». Sans rentrer dans les détails, on annonce chez Vice « plusieurs millions de visiteurs » pour l’ensemble des éditions Munchies dans le monde. La plateforme Similarweb estimait elle que sur le mois de février 2018, Munchies avait généré 3,7 millions de visites dont près de 450 000 en provenance de l’Hexagone. Fierté du rédacteur en chef ? Munchies France se hisse à la première place après les Etats-Unis. « A terme, on aimerait développer des repas Munchies avec notre caution, à l’image de ce qui est fait par le Fooding ou Omnivore. Il y a déjà des soirées Munchies qui ont eu lieu en France récemment. A Lyon, nous avons imaginé un concours du plus gros mangeur de quenelles. A Marseille, le chef Christian Qui a réalisé une démonstration autour de la technique japonaise ikejime. En ce moment, on travaille avec la Food Art Week, événement berlinois qui fait étape à Paris pendant une semaine en juin ». 

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AuteursÉzéchiel Zérah / ©Munchies

 

 

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