La question mortelle du jour : que sait-on vraiment du glyphosate ?

Mardi 29 mai 2018, des amendements visant à interdire d’ici trois ans l’utilisation du glyphosate, produit leader du marché des herbicides, étaient votés à l’Assemblée Nationale. Ce projet ambitieux, mené entre autres par le ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot ne sera finalement pas adopté, 63 députés ayant voté contre, et seulement 20 pour. Ces amendements ont divisé au sein de certains groupes politiques comme LREM (La République en Marche). Chez les scientifiques, la division règne aussi. Ce si tristement connu intrant est-il cancérigène ? Est-il responsable de la destruction de nos sols ? Autant de questions qui restent sans réponse univoque. Esquisse de synthèse.

________

Principale molécule présente dans le Roundup (produit phare du géant de l’agrochimie Monsanto), le glyphosate est aujourd’hui l’herbicide le plus vendu dans le monde avec près de 700 000 tonnes écoulées chaque année. S’il est désormais interdit à l’achat pour les particuliers en France, il pullule chez les agriculteurs de céréales, d’olives, et même chez les vignerons. Selon l’ONG Générations Futures, près de la moitié des aliments que nous consommons au quotidien contiennent du glyphosate. Une substance qui se retrouve donc partout, mais surtout dans nos assiettes et dans les pluies de grandes zones agricoles. 

Mais alors, est-il dangereux ?

Si le glyphosate fait tant parler et provoque l’effroi rien qu’à l’entente de son nom, c’est qu’il est l’herbicide le plus utilisé, mais aussi l’un des plus puissants et donc par définition des plus dangereux selon le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC), une branche de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Soutenue en 2015 par près de 350 études indépendantes, l’institution a classé le produit comme un « cancérigène probable pour l’homme ». Une classification qui aurait dû suffire à faire disparaître l’intrant et qui provoqua un déclic chez les consommateurs et la frange écologiste de la classe politique. Ainsi, le Roundup est devenu l’un des principaux objets des débats écologiques, certains le définissant même comme un perturbateur endocrinien (un agent chimique qui peut impacter l’équilibre hormonal humain et la descendance des personnes en contact avec ces molécules). En somme : le glyphosate serait l’un des produits agro-chimiques les plus dangereux du monde encore en circulation et le responsable d’un cancer : le lymphome non hodgkinien. Son effet herbicide fait aussi de lui l’un des plus grands destructeurs d’écosystèmes, empêchant notamment le développement des abeilles dans les régions agricoles. 

Ou non ? 

Le sujet est donc loin de faire l’unanimité et certains experts se battent encore aujourd’hui pour prouver que le produit n’est aucunement nocif, se basant sur des études différentes. C’est notamment le cas de l’Autorité Européenne de sécurité des aliments (EFSA) qui indique qu’aucun lien de causalité n’existe vraiment entre l’utilisation du glyphosate et le développement de cancers chez l’être humain. Seulement, pour l’affirmer, l’organisation s’est appuyée sur des documents… fournis par des entreprises de l’agrochimie parmi lesquelles Monsanto, fameux producteur du Roundup. Difficile donc de prendre cette étude au sérieux … 

Aujourd’hui, si l’utilisation du glyphosate fait débat en France, c’est aussi un sujet sensible au niveau européen puisque les gouvernements français et italiens y sont opposées, tandis que le Danemark et la Belgique se sont exprimés en faveur d’un renouvellement de sa licence en novembre 2017. Le glyphosate n’a pas fini de faire causer… et probablement de tuer. 

________

Chaque année, Monsanto vend pour plus de quatre milliards d’euros de Roundup, soit un chiffre d’affaires de 128 euros par seconde. Si le glyphosate était amené à disparaître, 9 agriculteurs sur 10 appliqueraient alors des herbicides différents en plus grosse quantité selon un sondage Ipsos. Un chiffre peu rassurant quant à l’avenir de notre planète… 

________

Sur le même sujetLe glyphosate autorisé par les gouvernements européens pour cinq ans de plus : une catastrophe humaine et écologique, selon Slow Food, Jérôme Douzelet : « Les pesticides sont devenus des ingrédients du vin »

________

Auteur → Léandre Mage

[siteorigin_widget class= »SiteOrigin_Widget_Headline_Widget »][/siteorigin_widget]
[siteorigin_widget class= »Recent_Posts_Widget_With_Thumbnails »][/siteorigin_widget]
[siteorigin_widget class= »SiteOrigin_Widget_Headline_Widget »][/siteorigin_widget]
[siteorigin_widget class= »Recent_Posts_Widget_With_Thumbnails »][/siteorigin_widget]

[siteorigin_widget class= »SiteOrigin_Widget_Headline_Widget »][/siteorigin_widget]
[siteorigin_widget class= »Recent_Posts_Widget_With_Thumbnails »][/siteorigin_widget]
[siteorigin_widget class= »SiteOrigin_Widget_Headline_Widget »][/siteorigin_widget]
[siteorigin_widget class= »Recent_Posts_Widget_With_Thumbnails »][/siteorigin_widget]
[siteorigin_widget class= »SiteOrigin_Widget_Headline_Widget »][/siteorigin_widget]
[siteorigin_widget class= »Recent_Posts_Widget_With_Thumbnails »][/siteorigin_widget]
Atabula 2020 - contact@atabula.com
Haut de page