Axe mythique et tables de légende : la Nationale 7 a forgé une véritable mythologie de la route et de la table. Résumé de l’histoire en quelques dates.

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1811 / Décret de Napoléon 1er qui met en place la numérotation des routes de l’Empire. L’axe Paris-Antibes devient… la numéro 7.

1870 / La route numéro 7 se transforme en Nationale 7.

1900 / Lancement premier guide Michelin. Il est distribué gratuitement à 2 400 possesseurs de voiture.

1920 / Le guide cesse d’être gratuit. Jusqu’en 1908, les hôtels et les garages pouvaient payer pour être référencés dans le petit guide rouge.

1921 / Eugénie Brazier ouvre sa table (La Mère Brazier) en 1921 au 12 rue Royale à Lyon. Elle devient rapidement célèbre grâce à ses trois étoiles dès 1933 et parce que sa table devient une étape gastronomique incontournable avant de descendre la vallée du Rhône par la nationale 7.

1925 / Ouverture du restaurant La Pyramide par le chef Fernand Point à Vienne

1926 / Apparition des « étoiles de bonne table » dans le guide Michelin

1930 / Jean-Baptiste et Marie Troisgros quittent Châlon-sur-Saône pour reprendre l’Hôtel des Platanes, face à la gare de Roanne.

1931 / Apparition des étoiles (1, 2 et 3) dans le guide Michelin

1932 / Ouverture à Saulieu de L’Hostellerie de la Côte d’Or par le chef Alexandre Dumaine. Le restaurant se trouver sur la N6, mais le Tout-Paris passe par le N7 pour rejoindre cette table mythique. En 1982, Bernard Loiseau, après sept ans de gérance, rachète le restaurant.

1935 / À Saulieu, Alexandre Dumaine gagne sa troisième étoile au guide Michelin. Le célèbre critique Curnonsky avait écrit : « Paris – Dumaine : 260 kilomètres ».

1936 / Création des congés payés le 3 août sous l’impulsion du sous-secrétaire d’État aux sports et à l’organisation des loisirs Léo Lagrange. C’est cette même année que le Michelin lance sa définition des étoiles : une étoile c’est « une très bonne table dans sa catégorie », deux étoiles, la table « mérite le détour » ; trois étoiles, le restaurant  « vaut le voyage ».

1936 / Inauguration de la Maison Pic à Valence, par André Pic

1954 / Création du jeu du Mille Bornes, en référence au presque 1000 kilomètres de la Nationale 7, et s’inspirant du jeu de cartes américain Touring

1955 / Composition de la chanson de Charles Trénet « Nationale 7 ». Il la compose dans sa propriété de Juan-les-Pins.

1970 / Inauguration de l’Autoroute Paris-Lyon-Marseille, achevée en 1973

1970 / Michel Chabran s’installe à Pont-de-l’Isère dans ce qui s’appelle aujourd’hui la Maison Chabran

1972 / Premier déclassement de la Nationale 7

2000 / Sortie du film « Nationale 7 » réalisé par Jean-Pierre Sinapi, avec Nadia Kaci et Olivier Gourmet.

2003 / Ouverture du musée de la RN7 à Piolenc (Vaucluse). Il a fermé en 2006 et a rouvert en 2009.

2005 / Le décret du 5 décembre continue le déclassement de la Nationale 7. Désormais, moins de 50% du tracé initial demeure en « Nationale 7 ».

2009 / Publication du livre « De la Gastronomie française » de Raymond Dumay. L’auteur y développe sa théorie de « L’arbre sacré du Michelin » selon laquelle la géographie des tables triplement étoilées françaises se situe sur les mêmes axes « gourmands » qu’au Moyen Âge (couvents, abbayes, métropoles religieuses…). Certes, cela ne recouvre pas parfaitement le tracé de la Nationale 7, mais il y a quand même quelques axes communs (La Napoule, Valence, Roanne, Saulieu…)

2018 / Publication du livre « Nationale 7 » de Clément Pétreault (ed. Stock, 18,50 euros)

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Auteur → Rédaction Atabula / © DR

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