KM 207 / Chez Mémère, un parfum de vieille France

Une longue série estivale et gourmande avec pour fil directeur une route qui n’existe plus, il fallait oser. De Paris à Menton par la Nationale 7, Atabula est parti...

Une longue série estivale et gourmande avec pour fil directeur une route qui n’existe plus, il fallait oser. De Paris à Menton par la Nationale 7, Atabula est parti à la rencontre des acteurs de la gastronomie française pour en savoir plus sur leur rapport à cette route mythique et sur leur propre histoire. Deuxième halte, kilomètre 207, à Pouilly-sur-Loire (Nièvre), au sein de l’auberge Chez Mémère.

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Voilà, nous repartons. 60 kilomètres à peine nous séparent de notre seconde halte : Pouilly-sur-Loire. Un village calme et tranquille comme tant d’autres dans ce département cher à Mitterrand. Que dire si ce n’est que le premier magistrat de la commune est kinésithérapeute à la ville et qu’une comédie britannique à succès (There's a Girl in My Soup) diffusée dans les années 70 a été partiellement tournée ici ? La Citroën garée, nous nous dégourdissons les jambes le long de la rue Waldeck Rousseau.

Parmi les tables de Pouilly, il y avait bien le Relais des 200 Bornes ou le Coq Hardi mais comment résister à un restaurant baptisé Chez Mémère ? Fièrement placardés sur la façade de l’établissement, des autocollants du guide du Routard. Le premier remonte à 1994. A l’intérieur, un parfum de maison de campagne poussiéreuse, de celle tenue par un vieil oncle charentais, chatouille le nez des curieux. La salle est divisée en deux. A l’arrière, seul, un habitué massif a noué sa serviette autour du cou et pioche généreusement dans son assiette (et dans son vin). Plus tard, il réclamera à la patronne son digestif de rigueur. De l’autre côté, des gens du cru. La nappe a droit de cité ici, tout comme le set de table publicitaire.

La popote ? Du ménager tradi bien fait : cassolette d’escargots de Bourgogne (au Pouilly évidemment), persillé bourguignon et « rillettes du patron », côtes d’agneau au romarin, tendron de veau braisé…

Pour la soif, on a failli se laisser tenter par une bière de Sancerre Lou Pelou à 4,50 euros avant de se raviser. Ce sera un pouilly-fumé 2016 de chez Jacques Bardin. Les vins étant « sélectionnés par le patron », on ne voudrait pas le vexer... Fromage(s) ? Evidemment. Nous sommes dans un genre de maison où il serait indécent de ne pas toucher au frometon (chaource, fromage de pays ou galet de la Loire, faites vos jeux).

Va pour le gâteau au chocolat et sa crème anglaise (maison) pour conclure. On a bien demandé un rab de sauce vanillée mais le chef (propriétaire) a fait les choses au compte-goutte. De lui, on ne distinguera que sa casquette blanche, pendant les allers-retours de son épouse. Renseignements pris, Monsieur s’appelle Robert Noël. Il a repris l’auberge un jour d’automne 1984.

L’appétit heureux et le porte-monnaie encore peu entamé (26 euros le menu complet), on serait bien repartis avec ces petites choses à emporter alignées sur le petit buffet. La boîte métallique de pruneaux macérés de la maison Trombu, la gelée de pomme ou la confiture dite « Sainte-Catherine » (une grosse mirabelle locale). On quittera finalement les lieux en pensant au proverbe qui noircit l’un des écriteaux. « Le vin de Bourgogne fait beaucoup de bien aux femmes, surtout quand ce sont des hommes qui le boivent ».

Pouilly-Fumé, Pouilly-sur-Loire → En 1937, le vignoble de Pouilly décroche l'appellation d'origine contrôlée (AOC) Pouilly-Fumé et l'appellation Pouilly-sur-Loire. Il a la particularité d'avoir conservé du chasselas, le cépage qui fut planté à l'origine et qui ne représente aujourd'hui que 40 hecatres sur les 1 350 du vignoble, deux producteurs seulement continuant de le vinifier. A noter que les deux tiers de la production de Pouilly sont exportés Outre-Manche où les amateurs dégustent ce blanc en apéritif.

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Sur le même sujet → Lien vers la série estivale "De Paris à Menton, Atabula a mangé la Nationale 7"

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Pratique → Chez Mémère - 72, rue Waldeck Rousseau, 58150 Pouilly-sur-Loire - 03 86 39 02 43

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Auteurs → Ezéchiel Zérah / © Franck Pinay-Rabaroust

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