Projets à répétition, émission de télé et surexposition médiatique : Anne-Sophie Pic n’en ferait-elle pas trop ?

Anne-Sophie Pic n’en ferait-elle pas trop ? La très réservée chef de la Maison Pic n’a jamais autant fait parler d’elle. Avant-hier totalement attachée à la maison mère, la voilà...

Anne-Sophie Pic n’en ferait-elle pas trop ? La très réservée chef de la Maison Pic n’a jamais autant fait parler d’elle. Avant-hier totalement attachée à la maison mère, la voilà par monts et par vaux, à Lausanne (depuis 2009), à Paris (depuis 2012, ville où elle multiplie les établissements), à Londres (depuis 2017), demain à Singapour. Elle aurait dû également être présente à New York, mais l’aventure a capoté. Prochainement, elle participera à un nouveau programme culinaire sur Netflix. Nul doute que d’autres projets sont déjà dans les tuyaux de la Valentinoise, métamorphosée en cheffe d’affaires. Il y a quelques mois, son mari, David Sinapian, et ses équipes avaient lancé une mission de consulting pour savoir si l’émergence d’un « groupe Pic », à l’instar du « groupe Ducasse » serait perçu positivement ou négativement. Il faut croire que la réponse a persuadé les uns et les autres d’accélérer les affairismes économique et médiatique.

Manifestement, le « groupe Pic » est donc en marche, et même en marche forcée. Mais n’est-ce pas trop ? À force d’être partout, il est bien connu que l’on n’est nulle part. Déjà, en Suisse, une certaine clientèle grince de de pas assez voir la femme multi-étoilée. Lorsqu’elle était la Marraine de la Fête de la Gastronomie en 2015, les équipes du ministère en charge de l’événement regrettaient les difficultés pour « toucher » la cheffe. Mais, surtout, on en vient presque à regretter sa discrétion dans un monde saturé de communication, de marketing, d’images pour vendre tout et n’importe quoi. À l’instar d’un chef comme Alexandre Gauthier qui brille magnifiquement dans l’ombre, son abstinence communicationnelle renforçait son pouvoir d’attraction, accentuait l’envie de partir à Valence découvrir son univers culinaire. Désormais, l’observateur est presque aveuglé par l’omniprésence d’Anne-Sophie Pic dans les médias, brouillant dangereusement l’image d’une femme remarquable, dont la discrétion était légendaire.

Certes, depuis quelques années, elle a pris confiance en elle et en profite fort logiquement pour prendre plus de place sur la scène culinaire. Tant mieux car son talent est incontestable. Mais, là, c’est le grand écart ! Au final, c’est à se demander qui veut vraiment jouir de cette surexposition médiatique : David Sinapian, le mari très engagé qui en veut toujours plus, ou Anne-Sophie Pic, la femme qui n’en demandait peut-être pas tant ?

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Sur le même sujet → À Singapour, l’hôtel Raffles va accueillir les restaurants d’Anne-Sophie Pic et d’Alain Ducasse / Anne-Sophie Pic, à propos de son futur restaurant à Londres : « L’idée est d’ouvrir un lieu qui permette de découvrir ma cuisine dans une ambiance chic et décontractée. » / Anne-Sophie Pic : « Ma cuisine a atteint une maturité qui me permet de distinguer clairement deux univers : le patrimoine culinaire familial et ma cuisine, créative et identitaire »

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Foods' Who → Anne-Sophie Pic / David Sinapian

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Auteur → Franck Pinay-Rabaroust / © DR

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