Antoine Pétrus et David Bizet : la bataille d’égo a déjà démarré chez Taillevent

C’est fou comme une photo peut en dire long sur la nature et l’avenir d’une relation. Prenons celle qui représente Antoine Pétrus et David Bizet dont l’objectif est de...
C’est fou comme une photo peut en dire long sur la nature et l’avenir d’une relation. Prenons celle qui représente Antoine Pétrus et David Bizet dont l’objectif est de montrer le nouveau couple à la tête du restaurant parisien. Ce cliché, parfaitement mis en scène, montre que le véritable chef de Taillevent n’est pas forcément celui auquel on pense. Alors même que l’ère Bizet démarre tout juste, la bataille d’égo a déjà démarré.

A gauche, David Bizet (chef de Taillevent) ; à droite, Antoine Petrus (directeur général de Taillevent Paris)

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Ce cliché est l’œuvre du photographe Julien Faure pour le magazine Le Point qui a négocié l’exclusivité du « premier papier » avec le couple Pétrus/Bizet. On y voit Antoine Pétrus (directeur général de Taillevent Paris) au premier plan, à droite, et, au second plan, David Bizet (nouveau chef de Taillevent). Un couple ou, plus précisément, LE couple qui va incarner le Taillevent post Alain Solivérès. D’un point de vue sémiologique, tout oppose les deux hommes. Antoine Pétrus a la main gauche dans la poche, signe d’une très grande décontraction mais aussi d’une parfaite confiance en soi ; la main droite tient la porte. Qu’il ouvre au chef David Bizet. Symboliquement, tout est dit. L’un est déjà chez lui ; l’autre ne fait qu’arriver chez le premier : la hiérarchie est posée. Il y a un « taulier » en la personne d’Antoine Pétrus et un petit nouveau, David Bizet. Ce dernier, lui, est en train de franchir la porte. Il est encore à l’extérieur, par opposition à Antoine Pétrus, à l’intérieur, qui se trouve au premier plan. Manifestement, ce dernier a le pouvoir, l’autre est un exécutant. Les visages expriment également un décalage de position : le large sourire de David Bizet montre qu’il est immensément heureux d’arriver dans cette nouvelle maison, comme un enfant qui découvre un nouveau jouet. Antoine Petrus, lui, visage plus réservé, porte déjà le poids de l’entreprise ; comme un père qui porte la responsabilité de sa nouvelle descendance. Même la tenue vestimentaire est signifiante : costume parfaitement taillé pour Pétrus, jean et chemise légèrement ouverte pour Bizet.

Cette photo porte en elle le nouveau rapport de force qui va se mettre en place. Il y a un patron dans le bureau et un salarié en cuisine. Si David Bizet jouera le chef d’orchestre en cuisine, tout laisse à penser qu’il ne prendra pas la lumière médiatique seul. Un signe qui ne trompe pas : dans les demandes d’entretien envoyées à David Bizet, Antoine Petrus exige d’être présent. C’est à prendre ou à laisser. A croire que l’ambitieux Petrus se voit déjà dans la peau de Monsieur Vrinat, historique propriétaire qui a incarné Taillevent pendant de longues années. Chez Taillevent, y compris à l’époque d’Alain Solivérès, le chef n’est pas celui qui représente la maison. Cette photographie – la première publiée dans la presse – tend à laisser penser qu’il en sera de même demain.


À propos de Jean-Claude Vrinat → Dans le papier intitulé « Quand Taillevent se réveille (enfin) », Antoine Pétrus explique vouloir se placer « dans le sillage de Jean-Claude Vrinat ». Vrinat, un nom mythique qui a incarné à lui tout seul le restaurant Taillevent. L’homme avait rejoint son père en 1962 – qui avait créé la table en 1946 rue Saint-Georges – pour la développer. De par son charisme et son omniprésence en salle, il a supplanté les chefs présents en cuisine : Claude Deligne (1970-1991), Michel Del Burgo (1999-2002) et Alain Solivérès (2002-2018). En 1973, la troisième étoile Michelin tombe rue Lamennais ; elle fut gardée jusqu’en 2007. Jean-Claude Vrinat est mort le 7 janvier 2008.


Pour David Bizet, après l’omniprésence de Christian Le Squer, il va devoir désormais composer avec Antoines Pétrus dont on connaît les ambitions débordantes. Lorsqu’il était chez Lasserre, déjà, il avait su se rendre indispensable aux yeux de la propriétaire de l’établissement, l’avocate suisse Sylvie Buhagiar. Tout devait passer par lui, au détriment d’une saine communication entre les équipes. Au Clarence, il s’est rêvé tenir le premier rôle, n’hésitant pas à distiller les informations avec parcimonie pour mieux contrôler la machine. Il a été rapidement remis à sa place par le chef Christophe Pelé qui n’appréciait que très modérément cette façon de faire. Chez Taillevent, le malin Pétrus va observer de très près le non moins ambitieux Bizet. Lequel a désormais franchi la porte et s’affaire en cuisine. La guerre d’égo a bel et bien démarré au Taillevent.

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Sur le même sujet → Quand Taillevent se réveille (enfin)Portrait – David Bizet : l’authentique talent en route vers le Taillevent / Le chef David Bizet quitte L’Orangerie (Four Seasons, Paris) / Du changement chez Taillevent

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Foods’ Who → Antoine Petrus / David Bizet

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Lien → taillevent.com

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Auteur → Franck Pinay-Rabaroust / © Julien Faure pour Le Point

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2 Nombre de commentaires
  • Arnaud Goubet
    12 septembre 2018 at 3:33
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    C’est du taillage de costard avec de la psychologie de comptoir. Est-ce que l’on prend en compte qu’on leur a demandé de poser, que l’image montre aussi l’ancien qui ouvre la porte au nouveau pour le présenter aux médias et au public tout simplement. Ensuite le journaliste semble en savoir long sur Pétrus et semble surtout ne pas beaucoup l’apprécier, Pétrus a du répondre un peu sèchement à une inerview comme il fait des fois.

  • Olivier
    15 décembre 2018 at 11:03
    Laisser un commentaire

    Un article aussi ridicule qu’orienté. je rejoins le précédent commentaire et je pense vraiment que certains journalistes gagneraient à user de leur temps à des activités plus intéressantes pour ses lecteurs que des règlements de compte dignes de soaps américains.

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