En organisant la troisième édition de son festival du 17 au 23 septembre, le collectif Mange, Lille ! revendiquera la nouvelle place que tient la capitale des Flandres sur la scène culinaire actuelle. Nouveau rendez-vous de la rentrée, la manifestation surprendra avec un restaurant éphémère installé dans une église du Vieux-Lille, où des chefs français et étrangers reconnus exécuteront des repas à quatre mains. Lille devient-elle "the new place to eat" ? Réponses de Marie-Laure Fréchet, co-présidente de Mange, Lille !

Marie-Laure Fréchet et Nicolas Verhulst

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Atabula - Comment est né le mouvement Mange, Lille ! ?

Marie-Laure Fréchet - En 2013, mon associé Nicolas Verhulst, et moi-même avons fait le constat que Lille était identifiée comme une capitale culturelle et économique et non une destination culinaire. Au mieux, on savait identifier le chef étoilé Alexandre Gauthier, qui cuisine à la Madelaine-sous-Montreuil (La Grenouillère), située dans le Pas-de-Calais, près du Touquet. A cette époque, une jeune garde de cuisiniers commençait à se faire connaître, dont Florent Ladeyn qui avait participé à l'émission "Top chef" cette année-là. Nous souhaitions accompagner ce mouvement. Et chemin faisant, nous avons identifié aussi un terroir culinaire intéressant, pourtant méconnu. L'objectif était de communiquer autour de ce nouveau statut.

Quelle est votre ambition avec ce festival ?

Nous sommes un festival locavore, mais nous ne sommes pas centrés uniquement sur notre cuisine. Nos festivaliers sont pour la plupart Lillois, sinon originaires de la région. Nous avons à coeur de l'ouvrir à tous les gastronomes français pour qu'ils découvrent la facette culinaire de notre ville. D'ailleurs, nous orchestrerons des "quatre mains" pour lesquels des chefs, qui cuisinent à Paris à l'image de Julien Duboué, Bruno Verjus et Christophe Saintagne, effectueront le déplacement. Nous recevrons aussi des chefs étrangers, comme le cuisinier étoilé espagnol José Antonio Gonzalez ou l'Italien Fulvio Pierangelini. Pour la première fois, nous investirons le coeur de Lille en installant un restaurant éphémère dans l'église Sainte-Marie-Madeleine, située dans le Vieux-Lille, durant une semaine.

Quels seront les produits incontournables à goûter durant le festival ? 

La pâtisserie Meert réalisera une gaufre pour l'occasion, en édition limitée. Nous aurons aussi un chocolat "Mange, Lille !" et même une pizza spéciale. Et rappelons que le chef doublement étoilé Pascal Devalkeneer du restaurant belge "Le Chalet de la Forêt" à Bruxelles cuisinera à quatre mains avec le chocolatier Pierre Marcolini lors du dîner inaugural du pop-up restaurant (huit services, avec accords, 150 euros, ndlr). La table sera installée en épi au sein de la nef, où les chefs relèveront le défi de gérer cette cuisine éphémère.

Le festival ne manquera pas non plus de donner rendez-vous aux passionnés de pâtisserie...

Conscients que le sujet prenait de plus en plus d'importance, nous relancerons "la Grande Pâtisserie" à la gare Saint-Sauveur, où le public retrouvera les desserts d'une douzaine de pâtissiers, servis les 22 et 23 septembre. L'année dernière, le lieu a été littéralement pris d'assaut. On avait prévu 3 500 visiteurs, nous en avons reçu le double. Le bar à desserts constituera la nouveauté de cette édition. Ce sera un espace privatif pour déguster un dessert à l'assiette, avec un accord (cocktail, jus de fruit, etc.) à 15 euros.

Que manque-t-il à Lille pour s'imposer comme une vraie destination culinaire au même titre que Bordeaux, Paris ou Lyon ?

Tous les styles de cuisine n'existent pas encore. Et rappelons que nous n'avons plus de restaurant étoilé au sein même de la ville. Lorsque l'on observe le renouveau de la pâtisserie à Paris, on constate qu'il en manque chez nous. Les chefs lillois doivent encore prendre conscience qu'il faut communiquer pour mieux se faire connaître.


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Pourquoi la gastronomie du Nord a-t-elle dû attendre autant pour exploser ? 

Lille a connu un creux gastronomique durant les années 90 et 2000. Avant cette période, nous avons perdu nos restaurants étoilés et les chefs n'ont pas nécessairement transmis leur savoir. La ville a eu des difficultés à se remettre de ce manque. Et disons-le, la région s'est enfermée dans une image peu gratifiante durant de nombreuses années, sous l'effet notamment du film "Bienvenue chez les ch'tis" (sorti en 2008, ndlr). On en a repris pour dix ans de bière, de frites et de maroilles. Mais la situation change. Lille est excitante parce que c'est une jeune capitale gastronomique. Les jeunes lillois eux-mêmes prennent conscience qu'ils habitent dans une ville qui monte en puissance sur ce sujet.

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Sur le même sujet → Mange Lille : pleins feux sur les chefs du Nord / Quel modèle économique pour le festival Mange Lille ?

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Foods' Who → Marie-Laure Fréchet

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Auteur → Rédaction Atabula, avec AFP Relaxnews / © Sophie Stalnikiewicz/ Renaud Wailliez

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