Quel modèle économique pour le festival Mange Lille ?

Créé il y a trois ans, le festival Mange Lille a misé sur un modèle associatif qui a l’inconvénient d’être limité d’un point de vue financier et l’avantage de...

Créé il y a trois ans, le festival Mange Lille a misé sur un modèle associatif qui a l’inconvénient d’être limité d’un point de vue financier et l’avantage de laisser une grande marge de manœuvre à ses organisateurs.

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« On n’est pas là pour l’argent, mais pour faire en sorte que cette région et nos chefs soient reconnus », pose d’emblée Nicolas Verlhust, co-organisateur de Mange Lille et chargé des partenariats et de la gestion financière de l’événement. L’association ne dispose d’aucun financement public. Si elle ne met pas directement la main à la poche, la ville de Lille met chaque année des infrastructures et du matériel à disposition. Le chef local Steven Ramon confirme un soutien solide de Martine Aubry (PS) et ses équipes : « Nicolas et Marie-Laure (Fréchet, co-fondatrice de Mange Lille, ndlr) ont leurs entrées à la mairie ». Le reste du financement provient de partenaires privés (Crédit Mutuel Nord Europe, Boulanger, Mauviel…). Si elles ne financent pas directement le festival, des entreprises locales comme le torréfacteur et distributeur de café Méo – qui fournit intégralement Mange Lille en café – apportent un soutien de taille à la manifestation. Au total, 57% des revenus proviennent du sponsoring. « Le reste du modèle, c’est ce qu’on vend et ce qu’on produit », explique Nicolas Verlhust.

Outre les dizaines de bénévoles qui veillent au bon déroulement des festivités, le festival compte fortement sur les chefs locaux. « Dans le cadre du Grand Marché sur l’esplanade de la gare Saint-Sauveur, nous payons les denrées mais le temps des chefs est bénévole », détaille Nicolas Verlhust. « Ça nous permet de faire quelque chose de populaire avec nos moyens. Quatre euros, ce n’est pas très cher pour une portion préparée par un chef avec des produits locaux. » À l’église de la Madeleine, où sont proposés chaque soir des menus « dégustation », chaque service est à la charge des chefs. « On mutualise en revanche les coûts de location », précise le co-fondateur. Les chefs se doivent donc de bien anticiper leurs frais et d’être réactifs. « Pour la Madeleine, Marie-Laure et Nicolas nous ont simplement dit : ‘Il y a 10 créneaux, qui se positionne ?’ », relate Steven Ramon, qui recevra pour sa part Julien Duboué (créateur des restaurants Boulom et A Noste à Paris) le 20 septembre et concoctera avec lui un menu dégustation sans gluten autour du maïs (6 plats, 70 euros).


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« On n’a pas un budget faramineux, pas de gros mécènes. Pour être au point mort tous les ans ce n’est pas évident », assume le chef de Rouge Barre. « Notre objectif, c’est d’être à l’équilibre. L’année dernière, on a dégagé un bénéfice suffisant pour faire vivre le petit quotidien de l’association », précise Nicolas Verlhust. « On a commencé de manière spontanée et maintenant on fonctionne sur ce que génèrent les évènements. La question qui se pose dorénavant, c’est de devenir une entreprise à part entière ou bien d’être subventionné. On n’a pas tranché cette question-là », ajoute Marie-Laure Fréchet. En attendant, Mange Lille pourra compter cette année sur une participation un peu plus élevée de ses partenaires par rapport aux deux premières éditions. La fréquentation du festival devrait pour sa part augmenter de 20 à 25% et avoisiner les 30 000 participants.

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Sur le même sujet → Marie-Laure Fréchet (Mange, Lille !) : « Lille est une jeune capitale gastronomique » /

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Foods’ Who → Marie-Laure Fréchet

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Auteur → Louis Jeudi / © Sophie Stalnikiewicz/ Renaud Wailliez

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« Si on avait ébauché le sujet en montrant qu’ils pouvaient être à l’origine de produits qui allaient améliorer la santé humaine, les gens auraient compris l’intérêt des OGM ! La génétique moderne et notamment le Crispr-Cas permettent d’effectuer des changements ciblés sur des gènes. Certains gènes de la tomate sont par exemple très bénéfiques pour augmenter le taux d’antioxydants dans le fruit, mais ils ne sont pas exprimés, car la plante n’en a pas besoin. On peut maintenant réveiller ces gènes, dans une optique de bienfaits de santé pour les humains. Il faut prendre le meilleur de l’agriculture traditionnelle et biologique et le meilleur de la science moderne, sans rien exclure. »

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Louise Fresco, ex-dirigeante de la FAO et aujourd’hui présidente de la Wageningen University & Research (Pays-Bas) interrogée au sujet de l’alimentation dans les colonnes du Point. / Lire l’entretien sur Le Point

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