Tokyo, Hong Kong, Singapour, Bangkok : qui domine dans les guides et les classements internationaux ?

Ça balance pas mal en Asie

En décembre 2008 sortait le premier guide Michelin consacré à Hong Kong, deuxième ville non occidentale à obtenir les faveurs du guide rouge après Tokyo. Dix ans après, où se situe l’ancienne colonie britannique par rapport aux autres places fortes de la gastronomie asiatique dans les classements internationaux ? Comparaison avec Tokyo, Bangkok, Shanghai et Singapour.

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Avec six restaurants trois étoiles, 11 deux étoiles et 46 tables une étoile, l’édition 2018 du guide Michelin a conforté Hong Kong dans son statut de poids lourd de la gastronomie asiatique. Une tendance confirmée par les choix du 50 Best Asie, dont le cru 2018 compte neuf restaurants hongkongais dont trois accrochent des places au sein du top 20. Il s’agit d’Amber (n°7), 8½ Otto e Mezzo - Bombana (n°13) et de Ta Vie (n°16). La Liste, qui recense depuis deux ans « 1 000 tables d’exception » à travers le monde, mentionne 19 établissements de Hong Kong dans son édition 2018. Sur ce dernier point, la mégalopole fait certes mieux que Bangkok (neuf restaurants) mais est légèrement devancée par Shanghai (24 restaurants). Surtout, Hong Kong accuse un réel retard face à Tokyo, qui écrase la concurrence avec 84 restaurants au sein du néo-classement international.

Une tendance qui incarne le relatif retrait de Hong Kong en termes de prestige gastronomique lorsqu’on la compare à Tokyo, toute première ville hors Occident à avoir fait l’objet d’un guide Michelin. C’était en novembre 2007. L’ancienne colonie britannique, elle, a dû attendre décembre de l'année suivante pour avoir « son » guide rouge et ce retard symbolique par rapport à Tokyo est toujours palpable en chiffres. Avec 12 triple étoilés, 56 double étoilés et 166 tables une étoile, la capitale nippone écrase littéralement la concurrence au rayon Michelin. Et si Hong Kong fait jeu égal dans le 50 Best Asie (les deux villes y sont représentées à neuf reprises), elle ne compte pas autant d’établissements dans les 20 premiers du classement (cinq dans le top 20 pour Tokyo dont le restaurant Den en deuxième position, contre trois pour Hong avec au mieux la 7ème place d’Amber). Bangkok titille également Hong Kong du point de vue du 50 Best avec le même nombre de restaurants mais un seul au sein du top 20. Sans compter qu’elle ne joue pas dans la même cour chez Michelin avec « seulement » trois double étoilés et aucun trois étoiles.

Globalement, Singapour est quelque peu à la traîne, avec tout de même 34 tables doublement étoilées et sept nominations dans le 50 Best Asie (dont deux au sein du top 20). En retrait, la cité-État est aussi la moins représentée dans La Liste (7 restaurants). À sa décharge, Singapour fait partie de la collection Michelin depuis juillet 2016 seulement et fait aussi les frais de la récente fermeture des deux établissements de Joël Robuchon. La ville pourra néanmoins se consoler en accueillant la cérémonie annuelle mondiale du 50 Best en 2019. Au regard de toutes ces données et malgré son relatif déficit par rapport à Tokyo sur le créneau Michelin, Hong Kong se pose aujourd’hui comme un ogre gastronomique sur la scène asiatique. Et alors que la culture culinaire tokyoïte est depuis longtemps constituée, l’ex-colonie britannique devrait continuer à surprendre et à s’étoffer dans les années à venir.

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Sur le même sujet Après le guide Michelin, Singapour s'offre la soirée de lancement du World's 50 Best, Comment la Thaïlande se positionne-t-elle comme destination gastronomique ? Entretien avec Yuthasak Supasorn, conservateur de l'office national du tourisme

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Photographie → © Photo by Ryan McManimie on Unsplash

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