Prix du Meilleur reportage journalistique : « Marc Veyrat, la cuisine sortie du chapeau », par Stéphane Durand-Souffland

La belle soufflante de Durand-Souffland contre Marc Veyrat

En 2014, le chroniqueur gastronomique du Figaro Stéphane Durand-Souffland relatait sa déception lors de son premier repas au sein du restaurant du chef Marc Veyrat à Manigod (Haute-Savoie). En juin dernier, toujours pas séduit, la plume à fourchette du grand quotidien se fendait d’une seconde missive. Une missive qui a séduit le jury de la première édition des Prix Atabula et qui gagne ce premier Prix du Meilleur reportage journalistique. A cette occasion, Stéphane Durand Souffland revient sur son expérience.

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« Il y a quatre ans, à l’occasion des papiers d’hiver du journal, je visitais une première fois le restaurant de Marc Veyrat. Christian Millau, que je connaissais bien, m’avait parlé de la cuisine et j’étais tout content d’y aller. Malheureusement, j’étais globalement très déçu : très cher et pas ébouriffant.

Lorsque le restaurant a obtenu trois étoiles au guide Michelin au début de l’année, on m’a demandé d’y retourner pour voir si ça avait changé. C’était difficile d’y aller incognito. Ma venue a d’ailleurs causé une certaine agitation en amont : une de ses collaboratrices m’a appelé en me disant que ‘le chef était inquiet’. J’ai même eu Marc Veyrat au téléphone. Il m’a également fait passer des messages via des tiers sur le thème ‘Marc, il est super, il a vachement le trac… ». Je n’arrivais pourtant pas avec une arrière-pensée malveillante mais avec le cœur léger et l’esprit ouvert. Comme je faisais spécialement l’aller-retour, j’en avais profité pour dîner la veille chez Jean Sulpice à Talloires. Ça m’a aidé parce que j’ai mangé du poisson chez les deux et chez l’un, c’était super bon et chez l’autre moins. Déjeuner donc. C’était en semaine. Il y avait du monde dans la salle. Ce qui me fascinait, c’est que les gens étaient objectivement ravis de tout et notamment par Marc Veyrat, au moins autant présent en salle qu’en cuisine. J’ai eu le droit à la visite de son conservatoire en bas avec la cave à fromage, le vivier à truites du Léman et les slogans aux murs. C’était kitsch mais je trouvais ça amusant et puis, j’étais surtout là pour manger.

La fois précédente, j’avais trouvé ridicule que l’on annonce « comme à la ferme » alors que le menu est à 300 euros par personne. Toujours lors de mon premier passage, à la fin du repas, le maître d’hôtel avait apporté une assiette avec une petite trace de quelque chose et un minuscule morceau de pain et il fallait attendre l’instruction. On m’avait alors demandé de saucer l’assiette, Monsieur Veyrat ayant été élevé à la ferme et donc habitué à ne rien jeter. Ce n’était pas très bon… On m’avait dit après qu’à la ferme, il n’y avait pas beaucoup d’assiettes donc il fallait la retourner pour manger le dessert. Tout le monde retourna l’assiette et dans la partie creuse, il y avait une petite crème brûlée. Je m’étais moqué de cette situation lors du premier article. Quand je suis revenu… j’ai été dispensé de retournement d’assiette !

C’est pour moi une maison où je ne sens pas de sincérité. Je ne dis pas qu’il n’y en a pas mais ça me paraît fabriqué. Idem, je ne comprends pas la cohérence entre le discours sur le manger sain et local alors que sont servies des langoustines que je n’ai jamais vues dans les Alpes…

Le truc qui me fascine aussi, c’est la sculpture de profil façon girouette où Marc Veyrat apparaît six ou sept fois. C’est complètement dingue, on est comme chez Bocuse dans le culte de la personnalité. Est-il plus mégalo que d’autres ? En tout cas pas moins. Cette maison est une énigme. Tant mieux s’il a trois étoiles, je ne travaille pas au Michelin. Mais à ce niveau de classement-là, il y a des tables qui me plaisent davantage. Le retour des lecteurs ? Un ou deux seulement le défendaient mais dans l’ensemble, c’était plutôt ‘vous avez tout à fait raison. »

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Sur le même sujet → Découvrez tous les vainqueurs de la première édition des Prix Atabula

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A lire → Le dernier article de Stéphane Durand-Souffland sur le restaurant de Marc Veyrat (juin 2018)

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