Christopher Coutanceau, l’enragé engagé pour une pêche responsable

Grâce à son engagement, il a réussi à faire repousser un premier vote contre la pêche électrique.

Janvier 2018, le Parlement européen vote à 402 voix contre 322 contre le développement de la pêche électrique. Un succès marquant, mais qui est déjà remis en cause par les lobbyistes et autres pêcheurs néerlandais. Quelques semaines avant ce vote, l’association Bloom apprend son imminence et se questionne sur la meilleure façon d’agir. Parmi les pistes esquissées, il y a celle qui consiste à mobiliser les chefs, ceux-là même qui sont en rapport avec l’élément marin et ses ressources. Le premier coup de téléphone sera pour Christopher Coutanceau.

Le chef doublement étoilé de La Rochelle sait de quoi il cause, lui qui navigue aussi souvent que possible sur cette mer qui vient lécher les murs de son restaurant. « Deux semaines avant le vote, Bloom m’appelle pour m’exposer la situation : il faut lancer une tribune pour qu’un maximum de chefs signent une pétition contre la pêche électrique. » En quelques heures, Christopher Coutanceau multiplie les appels. Arnaud Donckele, Yannick Alléno, Christophe Bacquié et d’autres répondent présents. La chaine de solidarité est lancée. Au final, ils seront quelque 350 signataires répartis un petit peu partout dans le monde. « Cet élan a fait basculer la décision du Parlement » assure le chef, ce que confirme également Sabine Rosset, directrice de l'association Bloom. Du côté de la pêche artisanale, les choses ont changé. Si hier elle ne voyait pas trop le danger, elle a, selon Christopher Coutanceau, changé son fusil d’épaule. « Il y a six ans, ils ne voyaient pas trop le danger. Depuis quelques temps, ils ont saisi le problème. Cette année, il y a 50% des marins de La Rochelle qui ont arrêté le métier. Plus assez de poissons en mer !  Avant, sur une pêche de quatre heures, ils pouvaient relever 400 kilos de sole ; aujourd’hui, c’est 30 kilos au mieux.» Il ne resterait qu’une petite quarantaine de pêcheurs rochelais indépendants. Et qui récupère les quotas de pêche ? Les industriels bien sûr…

Le chef Christopher Coutanceau

En cuisine, la situation crée des effets pervers. D’un côté, certains poissons se raréfient, d’autres produits reviennent. « Cette année, je n’ai travaillé le bar que deux mois au lieu de neuf les années précédentes. En revanche, il y a de plus en plus de gros homards par chez nous car ses prédateurs ont été anéantis par la pêche. » Et Christopher Coutanceau de rappeler qu’il y a une saisonnalité pour les poissons comme pour les crustacés. « Certains chefs, pour faire plaisir à leurs clients, travaillent du bar ou de la langoustine toute l’année. Ce n’est pas possible. Tout le monde doit aller dans le même sens. » Manifestement, il y a encore un travail de sensibilisation à faire.

________

Sur le même sujet Dérives politiques, pratiques mafieuses et informations trompeuses : danger total autour de la pêche électrique

________

Pratique → Restaurant Christopher Coutanceau, Plage de la Concurrence, La Rochelle (17000) - 0546414819 - Fermé le dimanche et le lundi - www.coutanceaularochelle.com

________

Photographie → © Philippe Vaurès

OPINION

LES DERNIERS ARTICLES

ATABULAB, LE LAB' D'ATABULA

Pas encore de commentaire

Laisser un commentaire

*

*

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.