Atabula y était… Aux Grands Buffets, le restaurant le plus gargantuesque de France

Le restaurant emblématique de Narbonne vient d'inaugurer un plateau composé de plus de 110 fromages

Le 4 décembre dernier, Les Grands Buffets de Narbonne inauguraient une gargantuesque sélection de plus de 110 fromages. L’occasion pour Atabula de vivre l’expérience unique proposée par le restaurant le plus fréquenté de France en dehors de Paris, avec près de 350 000 clients par an. Si le maître des lieux, Louis Privat, a fait florès depuis 1989 grâce son concept mêlant buffet à volonté de produits faits maison et service à la française sur table nappée, qu’en est-il de la qualité réelle de cette table opulente ?

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Il y a du beau monde en cette fin de matinée à Narbonne, pour écouter le discours de Louis Privat. Le charismatique patron des Grands Buffets s’apprête à inaugurer le plus grand plateau de fromages jamais vu dans un restaurant. Outre les personnalités politiques locales et régionales, se retrouvent dans l’assistance « le prince des Corbières » et magnat du vin Gérard Bertrand, dont le groupe a vendu 87 000 bouteilles en 2018. Gilles Goujon, le triple étoilé de Fontjoncouse (situé à une trentaine de kilomètres), a répondu présent. Mais c’est bien l’acteur Édouard Baer qui attire tous les regards. Dans quelques minutes lui reviendra l’honneur d’inaugurer la partie du plateau (composé de 112 fromages au total) réservée aux « fromages qui puent ». Il faut également signaler la présence du Meilleur Ouvrier de France fromager Xavier Thuret, qui supervise depuis quatre ans la mise en place du plateau, dont la sélection est notamment composée de produits choisis par l’ « Affineur du chef », une offre fromagère destinée aux professionnels de la restauration qu’il a lui-même concoctée pour le grossiste Pomona. Fin communicant et gestionnaire hors-pair, Louis Privat n’en est pas à son premier coup d’éclat. Avant de s’illustrer au rayon fromages, il avait déjà frappé fort en 2007 en lançant une sélection de plus de 70 références de vin vendue à prix caveau et une formule « une bouteille bue, un carton de six offert ». Une offre tout en démesure, fidèle reflet d’un restaurant souhaitant incarner « la grande tradition française ».

D’emblée, on est frappé par l’énorme buffet de desserts, où siègent tartes aux fraises et au citron, macarons, salades de fruits, petit cakes et une infinité d’autres sucreries. Les étals d’entrées sont tout aussi fournis et font la part belle aux produits de la mer. Saumon sous toutes ses formes, langouste, huîtres, tourteaux et petites verrines variées sont là pour appuyer la dimension festive du restaurant chère à Louis Privat. Un sentiment qui atteint son paroxysme face à la dizaine de foies gras différents. Dans leurs contenants de cuivre et d’étain, la profusion de viandes et de garnitures donne aussi le tournis. Les rôtissoires, autour desquelles s’affairent les cuisiniers, impressionnent et font venir l’eau à la bouche. Mais ce n’est rien, comparé au tout nouveau plateau de fromages, interminable avec ses 30 mètres de long représentant 11 régions françaises et 23 pays d’Europe. Au moment de choisir ce que l’on va manger, un tel tourbillon de victuailles ne rend pas les choix aisés. Il faut donc faire preuve de sang-froid et d’esprit stratège pour ne pas caler dès l’entrée.

On opte pour commencer par une petite langouste, agrémentée de l’une des diverses mayonnaises proposées en accompagnement. Notre choix s’arrête sur une déclinaison moutardée, onctueuse comme il faut. Complétons ensuite avec un panachage de crevettes roses bien fraîches et de langoustines cuites avec respect, auquel on ajoute (sur un bord de la petite assiette) une généreuse tranche de foie gras naturel. Le veau de lait, lui, se révèle légèrement sec et les champignons de Paris, aussi frais soient-ils, flétrissent un peu dans leur propre vapeur. Les frites maison, régulièrement renouvelées car plébiscitées, sont par contre excellentes. S’il y a quelques petits écueils dans l’assiette, ils sont compensés par un service très aimable et prévenant qui, de l’accueil au sein de l’établissement (assuré par une enfilade de serveuses et serveurs tout sourire) jusqu’à la sortie, se démultiplie pour satisfaire les centaines de convives attablés. Ici, les verres de vin sont régulièrement remplis, on veille à ce que les corbeilles à pain soient toujours renouvelées et le débarrassage des assiettes est assuré avec autant d’efficacité que de discrétion. Une belle prouesse dans ce cadre immense où les boiseries, le marbre des buffets et la brillance des surfaces cuivrées rappellent le charme des vieilles brasseries. Un service de belle facture (plusieurs membres du personnel parlent couramment espagnol) qui rejaillit sur l’humeur des clients et permet une ambiance détendue et conviviale. La poire au vin choisie en dessert est irréprochable, tout comme la chantilly. On tente également le riz au lait au caramel au beurre salé. Enfin, difficile de résister à la fontaine de chocolat, symbole d’abondance dans un lieu où le maniement des superlatifs est indispensable.

 

Venons-en à la question fatidique. Ces Grands Buffets, qui attirent des clients de la France et du monde entier, dont 30 000 Espagnols (un partenariat existe depuis cinq ans entre la commune de Narbonne, le restaurant et la société espagnole de chemins de fer Renfe, ndlr) chaque année, valent-ils le déplacement ? Autant le dire, il est tout à fait possible de trouver un restaurant de cuisine française traditionnelle plus abouti dans l’assiette pour une somme équivalente. Impossible, en revanche, de bénéficier ailleurs d’une telle profusion de nourriture qualitative concentrée en un seul lieu. Pour ceux qui aiment être chouchoutés, le service, sans être intrusif, est d’un niveau bien au-dessus de la moyenne comparé à la plupart des brasseries. Pour les amateurs de bonne boustifaille, faire une halte ici vaut bel et bien le coup. Les Grands Buffets proposent un spectacle unique en faisant cohabiter en un seul lieu l’abondance contemporaine et une certaine conception française de la bonne bouffe entre amis. D’ailleurs pour ceux qui, comme Marcello Mastroianni, Philippe Noiret et Michel Piccoli dans le film La Grande Bouffe (1973), voudraient pousser leur dernier souffle au milieu des ripailles sans avoir les moyens de réaliser ce souhait à domicile, vous trouverez ici la porte du paradis. Et ce pour la modique somme de 35,90 euros.

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Sur le même sujet Louis Privat, l’expert comptable devenu restaurateur : rencontre avec le patron des Grands Buffets

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Pratique → Espace de Liberté, Rond Point de la Liberté, 11100 Narbonne – 04 68 42 20 01 – lesgrandsbuffets.com

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Photographie → © Louis Jeudi

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