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“Il faut un cerveau pour faire marcher les mains” : entretien avec Joël Mauvigney, président des Rabelais des Jeunes Talents

CONCOURS – FORMATION – EMPLOI
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Depuis 7 ans, les Rabelais des Jeunes Talents valorisent des jeunes âgés de 17 à 26 ans qui évoluent dans 11 métiers de bouche différents. Fin 2018 au Grand Rex à Paris, 33 d’entre eux ont été récompensés pour leur savoir-faire sous les yeux de la ministre du Travail, Muriel Pénicaud. Président de cette cérémonie et de la CGAD (Confédération Générale de l’Alimentation en Détail), qui coordonne l’événement, Joël Mauvigney est aussi Meilleur Ouvrier de France charcutier. Il milite pour la reconnaissance de ces savoir-faire multiples et pour la revalorisation de l’apprentissage.

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Atabula – Joël Mauvigney, pouvez-vous revenir sur le rôle de la CGAD, que vous présidez ?

Joël Mauvigney – Nous sommes une organisation interprofessionnelle, qui mène des actions de lobbying vis-à-vis des pouvoirs publics. La CGAD représente 16 branches alimentaires et environ 385 000 entreprises, soit 1,2 millions d’actifs. Elle est chapeautée par l’U2P (Union des entreprises de proximité) qui est en quelque sorte le petit MEDEF de l’artisanat.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de prendre en main les Rabelais des Jeunes Talents ?

La cérémonie a repris il y a 7 ans, après une quinzaine d’années de sommeil. Personnellement, j’en ai la charge depuis 2 ans. Les Rabelais mettent en lumière les métiers de bouche au travers des jeunes, dans un contexte où les reprises et créations d’entreprises dans ces divers domaines sont de plus en plus compliquées. Ces métiers ont été un petit peu galvaudés au fil du temps : il s’agit de montrer qu’ils permettent la réussite.

Comment les candidats sont-ils choisis ?

Chaque profession nous donne trois candidats, qui sont à 80% issus du concours du Meilleur Apprenti de France (qui fait partie de la Société des Meilleurs Ouvriers de France, ndlr). Ce sont donc des jeunes qui ont d’ores et déjà réussi et sont conscients qu’être Rabelaisien est un plus sur leur carte de visite.

Vous militez pour une revalorisation de l’apprentissage. Comment se porte-t-il aujourd’hui ?

Je me bats pour faire entendre que ce n’est pas une voie de garage. Les mentalités changent lentement, il faut que les parents prennent conscience qu’il faut un cerveau pour faire marcher les mains. Il va aussi falloir que l’Education nationale évolue parce qu’on manque énormément de main d’œuvre dans l’artisanat. Globalement, je dirais qu’on assiste à une amélioration depuis 4 ou 5 ans. La loi Pénicaud sur l’avenir professionnel (adoptée en août 2018, ndlr) va encore faire bouger les lignes. Je pense qu’on le sentira dès cette année. Entre la quatrième et la première, les jeunes devront désormais aller découvrir les métiers dans les CFA. La mobilité des apprentis va également être renforcée.

Le dynamisme des métiers de bouche passe aussi par davantage d’alimentation de proximité. Comment faire face aux centres commerciaux et à la grande distribution ?

Le 30 novembre 2018, à l’occasion de la journée des marchés de gros, la CGAD a signé une charte en faveur de l’alimentation de proximité, avec le soutien du ministre de l’Agriculture Didier Guillaume. Cela n’engage que ma parole, mais le petit commerce est en train de gagner des parts de marché grâce aux médias qui pointent les méfaits de la malbouffe. Les consommateurs mangent moins mais mieux. On a donc une carte à jouer, à condition d’être dans l’excellence. Il faut absolument que les maires, qui nous ont chassés des centres-villes il y a 30 ans nous aident à y revenir. Cela se fait déjà progressivement, mais les installations coûtent très cher. Je leur ai demandé de mettre des locaux à disposition. Nos échanges ont été positifs avec François Baroin (président de l’Association des maires de France depuis 2014, ndlr) et nombreux sont les édiles qui n’ont pas attendu cette charte pour s’activer. Car on peut signer toutes les chartes du monde, si on n’agit pas…

Quid du gouvernement, vous sentez-vous écouté ?

J’ai pu passer du temps avec le Premier ministre, qui nous a entendus. Mais nous entendre, c’est une chose. Après, il faut qu’ils y aillent… Le MEDEF, ce sont les grosses entreprises du CAC 40. Nous, on connaît nos salariés, ce ne sont pas des numéros. Et puis c’est nous qui embauchons le plus de gens. D’ailleurs, il y a très peu de gilets jaunes dans nos entreprises. Cherchez l’erreur… Je pense qu’il y a aujourd’hui une prise de conscience de ce que nous représentons.

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LES LAURÉATS 2018 DES RABELAIS DES JEUNES TALENTS
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PHOTOGRAPHIE→ © DR
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