Une Table au Sud (Marseille) : 20 ans de vie et pas mal d’histoires !

Une Table au Sud, table étoilée du Vieux-Port de Marseille, va fêter ses 20 ans cette année. Son chef historique, Lionel Levy, revient sur la genèse du restaurant.

« Je me souviendrai toujours de mon arrivée à Marseille » assure Lionel Levy. Fin 1998, il débarque dans la Cité phocéenne car il a reçu une proposition : celle de reprendre un restaurant situé sur le Vieux-Port. À la manoeuvre, Gérard Garrigues, chef du Pastel (Toulouse) où Lionel Levy a fait ses armes. « Il m’explique qu’on vient de lui proposer cette affaire, au dessus de la Samaritaine à Marseille, mais qu’il n’est pas intéressé. Il a pensé à moi… On part ensemble pour voir à quoi ça ressemble. Et j’ai eu le coup de foudre. Pour la ville, pour l’emplacement, pour ce restaurant encore dans son jus. »

Sauf que Lionel Levy, qui sortait des cuisines du Spoon (Paris) sous les ordres du chef Christophe Moret, n’était pas vraiment attendu sur le Vieux-Port. « J’ai eu le droit à tout le folklore local.. Menaces, insultes et même une lettre écrite sur du papier toilette avec de la merde dessus. Mais une fois le restaurant ouvert, je n’ai plus eu le moindre problème. On a voulu m’intimider, rien de plus. » À l’inverse, le chef parisien a reçu quelques soutiens de poids. D’abord celui des frères Minguella, propriétaires du Miramar, table étoilée placée à quelques encablures du futur restaurant, puis Jeannine Moréni aux Echevins. « Ils m’ont littéralement ouvert les bras, contents de voir un petit nouveau arriver. Grâce à leurs conseils, j’ai avancé plus rapidement, notamment dans le choix des bons fournisseurs. » Restait à trouver le bon accord avec Jean-Pierre Descous, le propriétaire des lieux. « Les conditions financières étaient avantageuses, mais Jean-Pierre voulait être majoritaire dans la société. Je lui ai dit que je voulais être chez moi. Il a compris et m’a proposé 51% des parts, avec la possibilité de racheter le reste au fil des années. Le deal s’est fait ainsi. » Restait à prévenir Alain Ducasse qu’il quittait le Spoon. « Il a été parfait avec moi. Il m’a proposé de prendre la tête du futur Spoon à l’Ile Maurice, mais je lui ai dit que je préférais Marseille. Il a rigolé ! » Le 17 novembre 1999, Une Table au Sud ouvrait pour son premier service.

20 ans plus tard, le restaurant est encore là, avec un autre chef en cuisine : Ludovic Turac. L’étoile Michelin brille toujours. « C’est une histoire formidable. Gérard Garrigues, un père pour moi, m’a permis d’acheter cette affaire, Jean-Pierre Descous m’a fait confiance, et Ludovic Turac perpétue l’image d’Une Table au Sud ; c’est fabuleux. » Pour fêter ça, les chefs Levy et Turac promettent une petit fête programmée le 17 novembre 2019. 20 ans, ça se fête !

Sur le même sujetLionel Levy : « Je ne me reconnais plus dans mon métier de chef » / Comment Marseille s’imagine en capitale de la gastronomie pour l’année 2019

PratiqueLien vers le site d’Une Table au Sud

Photographie – Elise Vieira, Patrick Amsellem

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