Catherine Flohic, pourquoi avoir créé les Ateliers d’Argol ?

“Depuis 2005, j’édite de la littérature et de la poésie un peu pointue dans les Éditions Argol. En 1996, quand j’ai été invitée à déjeuner dans le restaurant de Pierre Gagnaire à Saint-Étienne, je ne connaissais ni les restaurants trois étoiles ni Pierre Gagnaire, mais j’ai été marquée par ce que j’ai pu manger au cours de ce repas complètement décalé et qui donnait des tas d’émotions. Depuis, je me suis toujours intéressée à la cuisine sous un angle créatif. Dans les années 2000, quand la gastronomie a commencé à devenir très présente dans les médias, j’ai trouvé que l’on n’abordait jamais les questions comme j’aurais voulu le faire. J’ai donc envoyé un livre, que j’avais fait auparavant avec un écrivain, à Pierre Gagnaire en lui disant que je voulais faire un ouvrage du même type avec lui et il a accepté. C’est un livre d’entretien qui a duré trois ans et qui porte sur toutes les questions que je me posais. Il a été considéré comme unique et précurseur et a posé les choses d’une façon différente à l’époque. Après ce livre, l’aspect créatif, émotif et esthétique est rentré en ligne de compte comme je l’aurai voulu. Tout cela était encore dans le cadre d’Argol Éditions et j’ai ensuite construit la collection qui tournait autour des goûts (L’acide, L’amer, L’astringent…).

En 2015, j’ai donc lancé les Ateliers d’Argol qui ne compte que des publications autour de questions gastronomiques. J’ai poursuivi ensuite avec des livres autour de l’écologie, des produits, de la nourriture et de l’assiette. Ce qui m’intéresse, c’est le mouvement de création, donc je ne ferai jamais de livre de recettes. Je ne suis qu’une toute petite maison d’éditions puisque je suis seule. Cette année par exemple, il n’y a que cinq livres qui sont sortis et ce que les autres ne font pas, je décide de le faire moi-même, même si ce n’est pas du tout commercial. En France, nous n’écrivons pas sur la gastronomie, nous faisons des livres de recettes, mais aucune littérature. J’offre cet espace qui n’existe nulle part ailleurs..”


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Photographie – DR


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