Championnat du monde de l’oeuf en meurette, de l’oeuf mayo, du lièvre à la royale ou des pets de nonne : heureusement que le ridicule ne tue pas
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Championnat du monde de l’oeuf en meurette, de l’oeuf mayo, du lièvre à la royale ou des pets de nonne : heureusement que le ridicule ne tue pas

Les organisateurs de concours culinaires français seraient-ils devenus prétentieux à ce point ? Ou, alors, douteraient-ils tellement de leur savoir-faire qu’il leur faut se voir plus grands qu’ils ne sont. Que valent réellement ces championnats du monde en tout genre où il n’y a que des Français qui concourent pour savoir qui est le meilleur dans la réalisation d’une « oeuvre » typiquement française ? Championnat du monde de l’oeuf en meurette, de l’oeuf mayo, de lièvre à la royale, de pets de nonne… Et demain, aurons-nous le plaisir de féliciter le champion du monde du poireau-vinaigrette ou des carottes râpées ?

Mais, par-delà le ridicule de certaines de ces épreuves, il faut surtout se demander pourquoi des concours 100% français (à quelques exceptions près) décernent des prix qui se veulent « mondiaux ». En quoi le prix remporté par le chef Frédéric Vardon est-il un titre mondial alors que les concurrents étaient tous français, que la recette est d’origine bourguignonne, et que la compétition avait lieu au Château de Clos Vougeot ? La France serait-elle devenue trop petite à une époque où il faut penser Europe et monde pour exister sur la scène internationale ? Peut-être, mais, franchement, qui se fout bien, à Melbourne, Singapour, Londres ou Lima, de savoir qu’un chef français est champion du monde de l’oeuf mayo ou de notre délicieux oeuf meurette ? Ce nombrilisme égocentrique n’est pas fait pour voyager, mais pour gonfler le plastron de quelques chefs en manque de reconnaissance sur la scène mondiale et, surtout, française.


Frédéric Vardon, champion du monde de l’oeuf en meurette
Le chef du 39V (Paris) Frédéric Vardon a remporté le premier championnat du monde de l’oeuf en meurette qui s’est déroulée ce vendredi 11 octobre au Château de Clos Vougeot (Côte d’Or). Treize chefs étaient en compétition : William Frachot, Stéphane Derbord, Mathieu Scherrer, Grégory Cuilleron, Frédéric Vardon, Florent Colombo, Olivier Chardigny, Christophe Queant, Thomas Protot, Julien Martin, Sébastien Henry, Thomas Collomb et Christophe Ledru. Tous sont français et travaillent… en France !


Appelons un chat un chat ! Une compétition française n’est pas un championnat du monde parce que le comité d’organisation l’a voulu ainsi. Ou, alors, que ce dernier s’en donne les moyens et qu’il invite des compétiteurs venus du monde entier pour délivrer un titre digne de ce nom. Avec le risque qu’un étranger s’empare de la première place. Ce serait alors la plus belle des récompenses et montrerait que notre immense savoir-faire culinaire ne se réduit pas à nos étroites frontières mais qu’il est une source d’inspiration… mondiale !


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Photographie – IG Château de Clos Vougeot

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