Chez Maison (11e arr.), Sota Atsumi défait doucement ses cartons
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Chez Maison (11e arr.), Sota Atsumi défait doucement ses cartons

Après avoir épaté son monde au Clown Bar (11e arr.), Sota Atsumi était fortement attendu en sa propre demeure, également cise dans le 11e arrondissement de la capitale. Trop peut-être. Ce qui frappe d’emblée en y pénétrant, c’est ce vaste rez-de-chaussée étrangement vide de tables et d’animation. Tout se passe à l’étage, où l’on mange face à une cuisine qui ne cache absolument rien hormis sa plonge. L’effet de surprise est plutôt réussi. Dans l’assiette, tout est parfaitement maîtrisé, des cuissons aux assaisonnements. Pour autant, les plats ne jouent pas la carte de l’émotion et il est difficile de retrouver l’explosivité caractéristique du chef. L’usage négligeable de l’écrevisse (produit toujours fade au naturel) pour accompagner le rouget incarne la poussivité d’une cuisine qui semble encore se chercher en ces lieux. C’est à croire que Sota Atsumi ne se sent pas encore pleinement chez lui. Nul doute que dans quelques semaines, le bon élève et son équipe encore en rodage auront pris leurs marques et troqueront l’envie de bien faire au profit de la spontanéité.


Plats – Les tartelettes (tartare de veau-haddock, maïs-anchois, oignon-échalote-noisette); daurade royale de ligne, eau de tomates, muscade et câpres; rouget barbet des Sables d’Olonnes, écrevisses de Bresse, poireaux et céleri rave; canard colvert sauvage en cocotte au feu de bois et coing, Pithiviers de chou rouge pointu; sorbet de raisin Vitis fragola; châtaigne en deux versions : clémentine-sarrasin et poire.


Le plus – Des mets et des vins étonnants bien accordés. Du rosé en entrée au blanc en dessert, un beau tour de France des terroirs.


Le moins – La vue plongeante sur la tension des cuisiniers quand le service accélère. Des assiettes certes sans faute, mais des goûts trop prévisibles et consensuels.


Service – Professionnel et détendu, bien rythmé par le sommelier.


Déco – La carte du chez-soi est jouée à fond et avec succès. Mention spéciale pour ce buffet digne de nos aïeux. La grande tablée face à la cuisine façon relais de chasse est bien pensée pour ne pas nuire à l’intimité des convives qui disposent d’un espace assez large. En revanche, cette teinte marron omniprésente gâche un peu le spectacle.


Autre – Attention aux tartelettes de farine de petit épeautre si fines qu’elles peuvent exploser aussi bien en bouche qu’entre les doigts.


Pratique – Maison – 3 Rue Saint-Hubert, 11e arr. – 01 43 38 61 95 – Site web

Photographie – ©Louis Jeudi


Auteurs – Léandre Mage et Louis Jeudi

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