« Si le guide Fooding se contente de recenser les meilleures raclettes ou fondues, ce sera sans intérêt » : Edouard Amoiel, journaliste, à propos de l’arrivée du Guide Fooding en Suisse
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« Si le guide Fooding se contente de recenser les meilleures raclettes ou fondues, ce sera sans intérêt » : Edouard Amoiel, journaliste, à propos de l’arrivée du Guide Fooding en Suisse

Financé par l’agence Suisse Tourisme (l’office du tourisme suisse), le guide Fooding débarque chez nos voisins helvétiques. « Une excellente nouvelle » selon le journaliste Edouard Amoiel qui émet néanmoins quelques réserves de bon sens sur la qualité de la sélection.


Atabula – Que pensez-vous de l’arrivée d’une sélection du guide Fooding en Suisse ?
Edouard Amoiel – L’arrivée d’un nouveau guide est, par définition, une excellente nouvelle. La Suisse n’a jamais été aussi dynamique au niveau de la restauration, il est donc de bon augure que les bonnes tables soient mises en avant. Savoir que le guide Fooding débarque ici ne peut que me réjouir.

Existe-t-il un marché suffisamment large de tables qui entre dans l’ADN du guide Fooding en Suisse ?
Absolument ! Il est moins conséquent qu’en France, mais il existe, principalement dans les grandes villes suisses : à Genève bien évidemment, mais aussi à Zurich qui bouge énormément et, dans une moindre mesure, à Lausanne et à Bâle. La Suisse doit aujourd’hui mieux communiquer pour s’imposer comme une véritable destination gastronomique en Europe.


De la raclette et des galettes de pommes de terre dans la sélection ?
Quand on lit la présentation de la sélection suisse sur le site Internet du Fooding, les craintes d’Edouard Amoiel semblent être fondées. Voilà le texte en question : « Attachez vos serviettes, départ immédiat pour la Suisse ! Où déguster les meilleures galettes de pomme de terre du monde, de folles fondues moitié-moitié, des escalopes panées qui chaussent grand, et mille petites tueries salées ou sucrées aux noms étranges* : oreille d’éléphant, topette, chiclette, cuchaule… Pour découvrir les adresses les plus stylées de Bâle, les sophistroquets de Genève, les buvettes de Lausanne, les meilleurs spots bistronomiques de Zurich et les italianités de Lugano, vous n’avez qu’à cliquer sur les points rouges ! » Reste désormais à voir quel va être l’accueil des Suisses pour cette sélection très… Fooding.


Quel est aujourd’hui l’équilibre des guides en Suisse ?
Contrairement à la France, c’est le Gault&Millau qui est le plus important ; il est très suivi et le développement du digital permet même de faire remonter les ventes du guide papier. Le Michelin est bien évidemment très suivi, mais moins qu’en France. À l’heure actuelle, il n’existe pas de guide avec le même positionnement que le Fooding. Je vois donc d’un très bon oeil son arrivée chez nous. Mais attention : le travail de sélection ne peut être réalisé que par des locaux car le marché suisse est plus compliqué qu’il n’y parait. C’est la qualité de la sélection qui fera au final la différence. Si elle se contente de lister les meilleures raclettes ou les plus belles fondues, alors ce sera sans intérêt.


PratiqueLien vers le guide “Le Petit Suisse Illustré”

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LienCrazy 4 Food, le blog d’Edouard Amoiel


Photographie – Photo by angela pham on Unsplash

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