André Daguin, un cuisinier entre terre et ciel

Grand ami d’André Daguin, l’astrophysicien Michel Cassé a été initié par le chef au monde de la gastronomie. En retour, le scientifique gersois a éclairé le cuisinier sur son domaine de prédilection. De cette relation est née un ouvrage, Cosmologie culinaire, paru en mai dernier aux éditions Odile Jacob. Michel Cassé revient sur sa relation avec le chef, davantage mis en avant pour son côté fort en gueule que pour sa spiritualité et sa grande curiosité.


« En 1991 a eu lieu la première édition du festival d’astronomie de Fleurance (Gers), d’où je suis originaire. André Daguin nous a beaucoup aidé à l’organiser. Cette année-là, il avait invité les participants, dont Hubert Reeves, à l’Hôtel de France. C’est dans ce cadre que nous sommes devenus amis. Il m’interrogeait sans arrêt, nous discutions à perte de vue. André s’intéressait énormément aux choses du ciel. C’était quelqu’un de très intelligent, d’extrêmement réaliste et précis. Nous avons beaucoup échangé par courrier et par mail. Le recueil de ces écrits a été le support de notre ouvrage commun. L’idée était de mettre au point une carte du ciel dans laquelle les constellations correspondaient à des plats. Constellation du magret, du confit d’oie, du cochon… Ensemble, on a toujours plaisanté, et cette plaisanterie cosmique rendait la science aimable. La clé, c’était de partager la beauté du ciel et de le donner à goûter comme un mets. Lui était très près du plaisir des gens et du plaisir de déguster tandis que j’étudiais des phénomènes extrêmement lointains. André voulait s’envoler et moi atterrir. C’était quelqu’un de fidèle en amitié. »


Extrait du livre :

Grâce à lui le cuisinier commença à entrevoir qu’il pouvait y avoir un ou plusieurs univers hors de ses limites habituelles de durée de cuisson ou de température du rôti. Il commença à ouvrir un œil rapidement écarquillé vers l’astrophysique. Eh oui, dans le monde des atomes, il n’y avait pas que des crochus, ceux qui empêchent la mayonnaise de tomber, mais les foules de ceux qui tombent, tournoyant autour d’eux-mêmes, qui se comportent comme les planètes de notre système solaire et que nous foulons aux pieds tous les jours. Des univers dans des trous de souris, d’autres univers dans d’autres dimensions, autant de galaxies et aussi mobiles que les bulles dans une bouteille de champagne.


Pratique – Cosmologie Culinaire, Michel Cassé et André Daguin, éditions Odile Jacob (21,90 euros)


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Photographie – Jeremy Thomas (Unsplash)

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