Le compte à rebours touche à sa fin. Le projet de financement participatif du collectif Fulgurances pour son nouveau magazine éponyme s’achèvera le 12 décembre. Dès lors commencera la création de l’ouvrage qui devrait être dévoilé à l’occasion de l’ouverture d’une adresse à New York, courant 2020. Rencontre avec Sophie Cornibert, une des têtes pensantes du projet.


Atabula – Comment et quand est venue l’idée de lancer ce nouveau magazine Fulgurances ? 

Sophie Cornibert – Cela s’est fait d’une manière très progressive. Le dernier numéro d’Itinéraire d’une cuisine contemporaine est sorti il y a deux ans, et on s’est rendu compte que l’on ramait à en sortir de nouveaux car nous avions moins d’élan et d’inspiration. À ce moment, nous hésitions entre arrêter complètement le coté éditorial ou lancer un projet beaucoup plus libre, au niveau du graphisme, de la photographie. Finalement, nous avons décidé de continuer car après tout, c’est par cela que nous avions commencé : avec notre blog avant même de lancer le restaurant. On a donc voulu le faire différemment.

Le concept, vous l’avez dit, sera plus libre, mais quelles en seront les grandes lignes directrices ? 

Nous allons rester dans la même idée de faire découvrir des choses qui ne sont pas forcément connues à nos lecteurs, mais de manière moins radicale. Aujourd’hui, nous voulons mettre en lumière des talents, des artisans, des vignerons, avec des formats différents que le portrait. Dans le premier numéro, il y aura par exemple un entretien avec Pierre Overnoy, qui est assez rare, une déambulation dans Hong Kong avec une cheffe complètement loufoque, un reportage sur un restaurant en Écosse… Nous avons aussi beaucoup de pistes graphiques qui vont influencer le contenu du magazine. La forme guidera le fond, et on aimerait bien créer des objets avec une maquette qui change à chaque numéro. Au départ, en 2014, nous avions songé à écrire un livre avant de renoncer car nous pensions que les livres étaient trop figés par rapport au monde des chefs qui change tout le temps. Avec un magazine, nous sommes libres de changer de nombreuses choses au fil des numéros. 

À quelle fréquence sera-t-il diffusé ?

Je pense que trois magazines par an sera déjà pas mal. Nous travaillons avec des pigistes, qui parlent la langue maternelle des personnes qu’ils interviewent, pour en tirer le meilleur. 

Quel sera le modèle économique du magazine ? Y-aura-t-il de la publicité ?

Nous n’avons jamais été fermés à la publicité, et on sait que, tant qu’elle n’est pas liée à l’agroalimentaire, elle est utile. Nous n’y étions pas fermés mais nous n’avons pas réussi à en trouver, et ce n’est pas faute d’avoir essayé. C’est un métier à part entière d’en rechercher, et nous sommes tellement dans une niche – car nous ne sommes pas diffusés en kiosque – que nous avons donc décidé de mobiliser notre audience à la place. De toute façon, c’est un pré-achat donc ce n’est pas un énorme engagement de la part des lecteurs. Cela nous permet aussi de prendre la température et d’avoir un élan pour continuer. Évidemment, le projet coûte cher, au minimum 35 000 euros, donc même en enlevant les 16 000 que l’on souhaite atteindre, cela a un coût. Nous ne pouvions pas nous permettre de mettre la somme en entier, sachant que nous avons d’autres projets importants qui vont émerger. C’est une question d’équilibre qui accompagne aussi très bien notre ouverture à New York courant 2020. On aimerait donc que tout le magazine soit en anglais, quitte à ce que certains passages soient en français. L’objectif est d’avoir une nouvelle audience, ça a été un très long débat, mais on pense qu’il est mieux pour nous d’être en anglais.

Comment sera-t-il diffusé en France ?

On essaye de le diffuser presque en porte à porte. Il est disponible à la Librairie Gourmande, dans des musées, au Palais de Tokyo, à Beaubourg, dans des endroits clefs. On espère qu’il sera largement présent en France. Nous avons eu pas mal de désillusions au niveau des distributeurs, aussi bien ici qu’à l’étranger mais nous ne désespérons pas d’en trouver un qui nous convient, même si c’est compliqué. De manière générale, le projet crée une adhésion, on vise quelque chose de vraiment différent, donc on ne doute pas qu’il trouvera son public.


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Pratique – Fulgurances – 10 Rue Alexandre Dumas, Paris 11e. – 01 43 48 14 59 – Site webLien vers le site du financement participatif


Photographie – DR

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