Le restaurant Coutanceau vaut-il vraiment trois étoiles ? Atabula y est allé manger…

Depuis quelques années, son nom revenait dans les tables susceptibles de gagner la troisième étoile. C’est chose faite en 2020. Est-ce que la table de Christopher Coutanceau, cuisinier-pêcheur-engagé mérite vraiment cette distinction ? Atabula y a mangé samedi 25 janvier. Verdict. 


L’environnement

Juste devant la plage de la Concurrence, une grande maison anguleuse plutôt austère avec vue plongeante sur le sable et l’eau. Il faut monter quelques marches pour arriver devant la grande porte vitrée. À droite, une petite salle privée avec vue sur les cuisines ; à gauche, on entre dans la longue salle.


Le cadre intérieur

Des vagues de lumières au plafond, des leds qui font varier la luminosité au fil du repas, des murs en cuir comme une plage de sable modelée par le flux et reflux de la mer : la salle, refaite début 2017, est magnifique. On se sent immédiatement transporté. Table nappée, bougeoir et petit plante dans son pot. Classique et sobre.


Le service

Jeune (un peu trop peut-être), masculin et féminin, précis et plutôt compétent. Il manque néanmoins un petit supplément d’âme qui permet de mieux entrer en connivence avec la cuisine du chef.


Praires et couteaux juste saisis, ficoïde glaciale des marais salants
Déclinaison de bouquets vivants
Ormeaux aux parfums de sous-bois, truffe noire
Noix de Saint-Jacques, pomelos et café
Rouget en fin dashi, œuf saumon et algues groseilles
Sardines de la tête à la queue, bouffis
Jonchée charentaise à l’amande douce
Éclade chocolat fumé, Cognac

L’assiette

S’il est difficile de critiquer la cohérence des assiettes de Christopher Coutanceau, il est également ardu de ne pas en contester la qualité et l’intensité. Par delà l’évidente qualité des produits (la mer est devant…), il manque de la grandeur dans l’assiette, de l’émotion, du vivant même. Les jeux de textures se font rares, l’intensité culinaire n’évolue pas et ce ne sont pas non plus la qualité des dressages qui pourraient séduire l’oeil. Bref, l’électrocardiogramme des papilles ne s’excitera pas de la soirée.


L’expérience globale

Décevant, forcément. À un tel niveau d’attente, il est douloureux de voir les assiettes s’enchaîner sans ressentir ce « plus » émotionnel qui fait la force des grandes tables. Il est tout autant désagréable de voir le service en salle se contenter d’un « c’était bon » de convenance. 


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Pratique – Plage de la Concurrence, La Rochelle (17) – 05 46 41 48 19 – Lien vers le site du restaurant


Photographies – FPR

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