Le restaurant Kei vaut-il vraiment trois étoiles ? Atabula y est allé manger…

En voilà une surprise. Sur Paris, ce sont plutôt d’autres noms qui circulaient pour le gain de cette troisième étoile. Pour Kei Kobayashi, il s’agit d’une success-story décoiffante. En à peine neuf années, le chef décroche trois étoiles, ce qui fait de lui le premier Japonais a décrocher le Graal en France. Alors, est-ce que la table mérite vraiment cette distinction ? Atabula y a mangé le jeudi 23 janvier. Verdict.


L’environnement

Une rue parisienne étroite, coincée entre deux artères plus conséquentes, une longue vitrine opacifiée par un immense rideau qui laisse voir sans rien montrer. Aucune aspérité sur cette devanture, plutôt une forme d’austérité. À droite de la porte, une petite affiche indique les tarifs des menus. Aucune plaque du Michelin ou d’autres guides et classements. Celui qui ne connait pas cette table ne peut rien savoir de ce qui se cache derrière. On aime ou pas, mais cela peut avoir du charme pour les initiés. 


Le cadre intérieur

Du blanc partout. Le client entre dans un vestibule arrondi avec, face à lui, une porte vitrée qui laisse la cuisine se découvrir à ses yeux. À gauche, le pupitre pour s’assurer de votre réservation et, à droite, un court couloir pour pénétrer dans une salle tout en longueur qui s’étire à droite et à gauche. Un immense lustre au plafond, quelques appliques, quelques bouquets de fleurs et la décoration s’arrête là. Pas de salon pour prendre l’apéritif ou le digestif, toilettes au sous-sol. Les volumes sont plutôt réduits, les tables parfois proches les unes des autres. L’éclairage est soutenu. Si le confort est plus que correct, il ne répond pas spécialement à ce que l’on peut attendre d’un trois étoiles « classique ».


Le service

Niveau trois étoiles assurément ! Précision, attention, déplacement en salle et contact avec le mangeur : tout est remarquable et conforme à ce que l’on attend dans une telle table. 


L’assiette

Qu’est-ce qu’une assiette « trois étoiles » ? Réponse impossible ou presque. Ou, disons-le autrement : il y a des plats qui valent la récompense suprême chez des chefs une, deux ou trois étoiles. Ce qui fera la différence, c’est la somme de ces plats dans un menu et une identité cohérente du début à la fin. Alors, les assiettes de Kei valent-elles trois étoiles ? Malheureusement pas vraiment. L’huitre-sarrasin est bonne mais pas vraiment surprenante, son fameux « jardin de légumes » est un plat parfaitement abouti, à l’instar du fameux gargouillou de la famille Bras, les Saint-Jacques-truffe et les propositions suivantes feront dans une gourmandise pure, certes maîtrisée mais tellement prévisible. Plus embêtant encore, à la fin du repas s’imposait le sentiment d’une écriture manquant de cohérence, de lien, et d’émotion.


Huître sarrasin
Le Jardin de légumes, plat signature
Saint-Jacques et truffe
Gnocchis et truffe
Boeuf de Galice

L’expérience globale

Kei était une belle table au niveau deux étoiles ; elle fera une « petite » expérience à trois étoiles.


Pratique – 5 Rue Coq Héron, 75001 Paris – restaurant-kei.fr01 42 33 14 74


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Atabula 2019 - contact@atabula.com

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