Le Sot l’y Laisse (Paris 11e), le gourmand y reste

Paul Bocuse est mort, vive Paul Bocuse ! Il est d’usage de dire que la qualité d’un cuisinier se mesure au nombre de ses disciples. Le travail d’Eiji Doihara devrait conforter les adeptes de cette théorie. Cet ancien du groupe Bocuse à Tokyo est tellement fondu de cuisine française classique qu’il a poussé le vice jusqu’à s’installer à Paris. Une affection palpable dans les assiettes où gourmandise et précision se tirent vers le haut. Saisi et cuit juste comme il faut sans attenter à son crémeux ni à sa saveur, le ris de veau en fricassée est déposé sur une purée oca-salsifis onctueuse à souhait. Le tout est lié par une sauce au vin jaune émulsionnée qui a la force de l’évidence. La sole meunière joue ensuite sur le même registre de la générosité, subtilement exhaussée par l’acidité du vinaigre de Xérès et allégée par le contraste de légumes quasi crus. Difficile, après ça, de se projeter sur un Mont Blanc. Heureusement, le chef s’emploie sur ce grand classique à apporter un maximum de légèreté. Un dîner qui s’achève la panse bien tendue, sans excès toutefois, et le sourire aux lèvres.


Plats – Fricassée de ris de veau / Sole meunière / Mont Blanc


Tarifs – Formule à 25 euros le midi, compter entre 50 et 75 euros à la carte le soir (hors boissons)


Le plus – Une cuisine française classique de très belle facture qui ravira les amoureux du genre.


Le moins – Quelques entorses à la saisonnalité. En même temps, ces dressages qui rappellent les plus belles heures de la cuisine française des années 90 ne sont pas sans charme.


Service – Une tendresse rarement vue envers le client et parfaitement liée à la cuisine qui ne nuit pas au professionnalisme. Le contraste entre ce choix de la tradition française dans l’assiette et un cérémonial gastronomique tout japonais en salle (notamment lors de la présentation des vins et alcools) rend cette table aussi atypique que sympathique.


Déco – Boisée et sobre, de quoi valoriser les charmantes compositions florales de la mystérieuse « Mlle Shoko » (voir le compte Instagram du restaurant).


Vin – Les Grillots (Mercurey) de Paul et Marie Jacquesson, apportent de pertinentes notes épicées et cacaotées à la partie salée. La rencontre entre le Mont Blanc et la puissance florale du Carco Blanc (Patrimonio) d’Antoine Arena fait des étincelles fruitées.


Pratique – 70 Rue Alexandre Dumas, 75011 Paris – 01 40 09 79 20 – Ouvert du lundi au samedi, fermé samedi et lundi midi, la maison ne prend pas de table après 13h30 le midi et après 21h30 le soir


Photographie – Louis Jeudi

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