Face au coronavirus, ils s’organisent tant bien que mal : le quotidien de Thibault Spiwack

Fermés du jour au lendemain, les restaurateurs doivent s’organiser pour limiter la casse économique. Des chefs, chacun à leur façon et selon leur situation personnelle, racontent à Atabula comment ils font face. La parole à Thibaut Spiwack, chef du restaurant éco-responsable Anona à Paris, qui a ouvert il y a un an à peine.

« C’est un peu un déchirement. On s’attendait à cette nouvelle mais plutôt pour la semaine suivante, il reste donc beaucoup de marchandise. La veille de la fermeture, le restaurant était complet en respectant la consigne d’espacement des tables. Le soir-même, j’ai distribué les produits à mon équipe afin de leur éviter la ruée vers les magasins. Mes six employés sont partis avec de gros sacs. J’avais déjà fait les demandes de chômage partiel et appelé les banques. On peut repousser les crédits et l’Ursaff, mais est-ce que les banques ne vont pas nous mettre de gros intérêts ? Tout va dépendre de la durée du confinement. Si cela dure une quinzaine de jours, on mettra environ un mois à récupérer la trésorerie. Si la fermeture s’étale sur deux ou trois mois, ce sera comme si nous avions travaillé comme des fous pendant un an pour rien. Je discute en ce moment avec mes confrères au sujet de la marchandise car nous avons encore des légumes utilisables dans les chambres froides. Certains souhaitent vendre à prix libre, d’autres donnent. Des amis me proposent de racheter les produits périssables… Le plus important, c’est de ne pas gaspiller. On prend un gros coup au moral, mais cela va aussi être l’occasion de dormir un peu car, depuis l’ouverture, le travail a été intense. »


À lire sur AtabulaFace au coronavirus, ils s’organisent tant bien que mal : le quotidien d’Hervé Bourdon


Photographie – Instagram du restaurant Anona

Haut de page