Dans quel(s) restaurants et avec quel(s) chef(s) aimeriez-vous être confiné(e) ? Résultats et analyses

Pour tout gastronome qui se respecte, c’est une question qui fait rêver. Dans quelle(s) table(s) se retrouver confiné(e) et avec quel(s) chef(s) prendre ses repas ? Avec plus de 1 700 votants, ce sondage prend la forme d’un classement des tables et chefs les plus désirés en temps de confinement et de fermetures de tous les restaurants de France. Voilà les résultats et notre analyse. 

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Les résultats

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Les 15 premiers (toutes catégories confondues)

. Le Coquillage, avec la famille Roellinger (Cancale) : 391 votes

. Bras, avec la famille Bras (Laguiole) : 368 votes

. La Tour d’Argent, avec Yannick Franques et André Terrail (Paris) : 341 votes

. Bocuse, avec les chefs MOF (Collonges) : 340 votes

. La Marine, avec Alexandre Couillon (Noirmoutier) : 310 votes

. Auberge du Vieux Puits, avec Gilles Goujon (Fontjoncouse) : 298 votes

. La Grenouillère, avec Alexandre Gauthier (La Madelaine-sous-Montreuil) : 287 votes

. Pierre Gagnaire, avec Pierre Gagnaire (Paris) : 281 votes

. L’Ambroisie, avec Bernard Pacaud (Paris) : 273 votes

. Régis et Jacques Marcon, avec la famille Marcon (Saint-Bonnet-le-Froid) : 263 votes

. L’Auberge de l’Ill, avec la famille Haeberlin (Illhaueusern) : 249 votes

. Mirazur, avec Mauro Colagreco (Menton) : 239 votes

. L’ Arpège, avec Alain Passard (Paris) : 241 votes

. Les Prés d’Eugénie, avec Michel Guérard (Eugénie-lès-Bains) : 227 votes

. Maison Decoret, avec Jacques Decoret (Vichy) : 223 votes

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Catégorie « trois étoiles »

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Catégorie « deux étoiles »

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Catégories « Une ou sans étoile »

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L’analyse

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Le Coquillage, avec la famille Roellinger : le grand vainqueur

Avec près de 400 votes, le Coquillage d’Hugo Roellinger devance d’une large tête le reste du peloton. Il faut dire qu’il y a tout à Cancale : une histoire familiale unique, un cadre exceptionnel et une cuisine identitaire qui marque les esprits. Une première place logique. 

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La force de la famille et des racines récompensée

Derrière les Roellinger, il y a d’autres grandes familles qui trustent le haut du sondage : Bras, Terrail et Bocuse. Des grands noms de la gastronomie française s’il en est. Preuve qu’en ces temps de crise, de peur, d’inquiétude, chacun d’entre nous a besoin de valeurs sûres et réconfortantes. De retrouver une cuisine enracinée dans un terroir et dans une histoire. Une évidence que ce sondage met parfaitement en exergue.

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Les deux étoiles font plus rêver que les trois étoiles

Doit-on vraiment s’en étonner ? La première table triplement étoilée n’accroche que la sixième place de ce sondage ; il s’agit de l’Auberge du Vieux Puits du chef Gilles Goujon. Avant, il y a quatre table à deux étoiles et une table dotée d’une seule étoile (La Tour d’Argent). Comment lire un tel résultat ? Il y a bien sûr de multiples interprétations possibles. La première, évidente, est que le guide Michelin ne colle pas à la réalité de l’expérience client mais se « limite » à la qualité de l’assiette ; d’où un manifeste décalage entre le jugement des inspecteurs et le sentiment du mangeur lambda. Ensuite, et Atabula l’écrit depuis longtemps, la troisième étoile a tendance à scléroser l’expérience, au détriment d’une certaine liberté créatrice. Oui, les deux étoiles font plus rêver que les trois étoiles. Si cela pouvait permettre à quelques chefs d’arrêter de tout faire pour aller chercher ce Graal métastasé… 

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De nombreux « très grands » chefs trois étoiles ne font pas rêver

Attention, surprises ! Outre le très confidentiel 1947 de Courchevel qui prend la dernière place des tables triplement étoilées (logique pour un restaurant ouvert quelques semaines chaque année, et qui ne propose que cinq tables), plusieurs tables de « très grands » chefs trois étoiles se retrouvent dans le fond du classement. Ainsi du Cinq du chef Christian Le Squer (73 votes), du Pré Catelan de Frédéric Anton (76 votes), du restaurant Christophe Bacquié (78 votes) ou du restaurant Georges Blanc (79 votes). À noter également les très mauvaises places des tables d’Alain Ducasse : le Plaza (75 votes) et le Louis XV de Monaco (77 votes). Une vingtaine de tables doublement étoilées et une quinzaine à une étoile font mieux que toutes les tables trois étoiles précédemment citées. Des chiffres à méditer.

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Seulement quatre tables parisiennes sur 15

Sur les 15 tables qui ont reçu le plus de votes, c’est surtout la province qui s’impose (11 tables) contre quatre parisiennes : la Tour d’Argent, Pierre Gagnaire, l’Ambroisie et l’Arpège. 

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La puissance de la vue

La vue sur l’océan (chez les Roellinger), sur le plateau de l’Aubrac (chez les Bras), sur la Seine et les toits de Paris (à la Tour d’Argent, mais aussi pour le Jules Verne qui reçoit plus de 200 votes) ou les remparts de Montreuil (La Grenouillère) : nous avons envie d’être confinés avec la possibilité de voir loin. Une logique implacable. 

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Glenn Viel, en tête des nouveaux chefs trois étoiles 2020

Quelles places pour les nouvelles tables triplement étoilées en 2020 ? Dixième place pour l’Oustau de Baumanière de Glenn Viel (192 votes) ; treizième pour Kei Kobayashi (149 votes) ; dix-septième place pour le restaurant Christopher Coutanceau. Un classement qui confirme parfaitement le ressenti général sur cette sélection des nouvelles tables au sommet de la hiérarchie michelinée.

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La belle place de la Maison Decoret

A l’exception de la table presque « hors catégorie » de la Tour d’Argent – qui a connu la gloire des trois étoiles -, la Maison Decoret (Vichy) est la seule table une étoile à se hisser dans le top 15 de ce sondage. Rien d’étonnant à cela puisque la cuisine mérite une deuxième étoile depuis de (trop) longues années. Une preuve supplémentaire qui prouve que la Maison Decoret est l’une des plus attirantes de France.

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Panel – Ce sondage a reçu 1715 réponses, du 30 mars au 04 avril

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Photographie – FPR

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