Qui demain pour défendre les intérêts des hôteliers et des restaurateurs : réponses et analyses des résultats

Atabula a voulu savoir si vous faisiez confiance aux syndicats et aux grandes associations pour défendre les intérêts des hôteliers et des restaurateurs, et quelle serait la meilleure structure et le meilleur représentant pour que, demain, ils fassent valoir leurs revendications. Le résultat de notre sondage, réalisé du 6 au 13 avril, est édifiant. 

_____

Faites-vous confiance aux principaux syndicats (GNI-Synhorcat ; Umih) pour défendre les intérêts des restaurateurs et des hôteliers ? Pas vraiment.

Si le résultat final tourne nettement au désavantage des syndicats, avec un cumul de plus 60% de « non » (43,35%) et de « aucune idée » (17,6%), les réponses n’ont pas toujours été majoritairement négatives. Les premiers jours du sondage, principalement les deux premiers jours (6 et 7 avril), les syndicats recueillaient des avis largement positifs, culminant même à près de 60% de « oui ». Mais au fil des jours, les votes négatifs ont pris le dessus. Reste le résultat final : pendant cette période de crise, où les syndicats devraient monopoliser la parole médiatiquement et agir politiquement en faveur de leurs adhérents, ils ne convainquent que 39% des votants. Sur les réseaux sociaux et dans les médias, ce sont majoritairement les chefs, à titre individuel ou regroupés dans des structures ad hoc, qui s’expriment. À noter les 87% des votants qui ont répondu favorablement à la création « d’une nouvelle structure regroupant les principaux acteurs de l’hôtellerie et de la restauration pour peser, demain, sur les intérêts du secteur auprès des pouvoirs politiques » (lire ci-dessous). Tout un symbole.

_____

Les grandes associations (Collège Culinaire de France, Relais & Châteaux, Grandes Tables du Monde…) défendent-elles correctement les intérêts de leurs membres ? Une réponse négative sans ambiguïté ! 

Le désaveu est à la la hauteur de leur réputation. Les principales associations du monde de la « grande » gastronomie sont jugées très sévèrement par les quelques 1200 votants de notre sondage : près de 60% d’entre eux estiment qu’elle de défendent pas correctement les intérêts de leurs membres. À peine un votant sur cinq pense le contraire. Dans une série de trois articles, Atabula a récemment présenté les actions des trois associations citées. Si le Collège Culinaire de France avait lancé quelques opérations intéressantes, nous avions signalé que l’association Relais & Châteaux agissait principalement en interne (mais est-ce suffisant au regard des enjeux économique et politiques actuels ?). Enfin, concernant les Grandes Tables du Monde, l’incurie semble totale. Nul doute que ces trois associations vont devoir se « racheter » après la crise.

_____

Faut-il créer une nouvelle structure regroupant les principaux acteurs de l’hôtellerie et de la restauration pour peser, demain, sur les intérêts du secteur auprès des pouvoirs politiques » ? Un oui massif

Autant la défiance vis-à-vis des syndicats et des associations en tout genre est forte, autant l’envie de renouveau est évidente. Pour plus de 86% des votants, il faut créer une nouvelle structure pour défendre les intérêts de l’hôtellerie et de la restauration auprès des pouvoirs politiques. Ce qui veut dire que, si les initiatives individuelles actuelles jouent un rôle central aujourd’hui, il n’en demeure pas moins qu’il y a une envie (et un besoin) d’actions structurées. Reste l’essentiel. Car il est facile de vouloir du nouveau et du neuf, parés de toutes les vertus, mais encore faut-il savoir : avec qui, comment et avec quels moyens. Des questions essentielles qu’il faudra se poser tôt ou tard.

_____

Faut-il créer un véritable ministère consacré aux secteurs de l’alimentation, de la restauration et de l’hôtellerie ? Trois fois oui

En parlant de nouvelle structure, l’idée d’un ministère dédié à l’alimentation, à la restauration et à l’hôtellerie a séduit près de 71% des votants. Un tel ministère permettrait de faire entendre les revendications des uns et des autres au plus près du pouvoir. N’est-ce pas finalement le meilleur moyen d’être entendu à défaut d’être compris ?

_____

Qui pour prendre la tête d’un tel ministère ? Un chef bien sûr !

S’il fallait encore en remettre une couche sur la défiance vis-à-vis des syndicats et des hommes politiques, là voilà : dans notre sondage, ils attrapent brillamment les cinq dernières places. Ainsi pour l’eurodéputé Yannick Jadot (2,78%), Nicolas Hulot (2,86%), Didier Guillaume, actuel ministre de l’agriculture et de l’alimentation (3,47%), le président du GNI-Synhorcat Didier Chenet (3,99%) et Roland Héguy, son homologue de l’Umih (5,12%). Voilà un sacré quinté de queue. À l’opposé, en haut du classement, arrivent le journaliste Périco Légasse (21%), Thierry Marx (23,2%) et, en tête, le chef triplement étoilé Régis Marcon (26,5%). Olivier Roellinger ne prend que la cinquième place (18,1%), devancé par le très actif chef de l’Élysée, Guillaume Gomez (20,6%). 

Chef consensuel, discret et présent, connu de tous, très engagé dans la formation et dans plusieurs concours, le chef de Saint-Bonnet-le-Froid (Haute-Loire) incarne une intelligence posée et réfléchie. Oeuvrant sur un territoire rural, mais à l’écoute du bruit des villes, l’homme possède toutes les qualités pour représenter sa profession et au-delà.

_____

Panel – Ce sondage a reçu 1180 réponses, du 06 avril au 13 avril

_____

À écouterAllo Confiné(e) avec Régis Marcon : « Tous les acteurs des secteurs de l’alimentation et de la restauration doivent se réunir et prendre leur responsabilités »

Sur le même sujetDans quel(s) restaurants et avec quel(s) chef(s) aimeriez-vous être confiné(e) ? Résultats et analyses

_____

Photographie – Photo by Siyuan / Unsplash

Haut de page