Les restaurants du Meurice, du Plaza, du Ritz et de l’Auberge du Jeu de Paume ne rouvriraient pas leurs portes avant septembre

Selon nos informations, les tables du Meurice (Paris), du Plaza Athénée (Paris), du Ritz (Paris), mais également du Crillon (Paris) et de l’Auberge du Jeu de Paume (Chantilly) ne reprendraient pas du service avant la rentrée de septembre. Si ces informations venaient à se vérifier, elles ne feraient que confirmer l’évidence selon laquelle ces établissements vont vivre des mois (des années ?) plus que difficiles. Sans clientèle étrangère, et en période de crises sanitaire et économique, ces palaces hors de prix ne disposent plus du bassin de clientèle suffisant. Tout porte à croire que les directions de ces établissements planchent sur la mise en place de nouveaux concepts pour, d’une part, mieux répondre aux attentes des clients de l’hôtel et, d’autre part, capter les locaux. 

À noter également que si le Plaza et le Meurice ne rouvrent effectivement pas leurs tables avant septembre, la position d’Alain Ducasse serait une fois de plus extrêmement délicate. Lui qui s’est fait le porte-parole d’une réouverture la plus rapide possible des restaurants, il se verrait alors contraint par ses clients de faire tout le contraire. Un désaveu cinglant pour le chef monégasque qui serait alors de plus en plus en porte-à-faux avec ces derniers. Rappelons que le contrat d’Alain Ducasse au Meurice fait l’objet de nombreux remous depuis longtemps, et ce n’est pas le départ récent de Jocelyn Herland qui va inverser la tendance. Un départ qui, d’ailleurs, pourrait permettre une évolution plus rapide de l’offre de l’hôtel de la rue de Rivoli.  

Reste l’essentiel : ces grandes tables exceptionnelles (l’expérience culinaire y est de très haut niveau, notamment au Plaza) subissent de plein fouet la situation actuelle et ne pourront pas retrouver leur rythme de croisière avant plusieurs mois, voire plusieurs années. Certains responsables, au sein même de ces grandes maisons, plaident depuis longtemps pour la création de concepts moins « gastro » et plus abordables. Comme nous l’écrivions hier, dans l’article « La haute gastronomie est-elle morte avec le Covid-19 ? », nous pouvons légitimement nous poser la question de la fin de la haute gastronomie dans les palaces parisiens, que ce soit au Ritz (le départ de Nicolas Sale bruisse depuis longtemps), au Peninsula (qui ne pipe pas un mot sur son futur chef, qui devrait être David Bizet), au Prince de Galles (qui a déjà fait le virage vers une offre plus simple), voire même au George V (mal en point également depuis plusieurs mois, qui devait, déjà avant la crise, fermer le Cinq au déjeuner).

Si ce chemin semble inéluctable, il faut pourtant le déplorer car, certes, cette haute gastronomie peut se réinventer ou se redéfinir, mais il n’en demeure pas moins que s’il y a bien un lieu où la haute gastronomie, classique, prétentieuse ou même extravagante, doit exister, c’est dans ces palaces extraordinaires. 

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Photographie

Pierre Monetta

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