Et le Noma de René Redzepi se mit…. au burger

Avec la crise, le Noma de René Redzepi (Copenhague) se transforme en bar à vin et à burger. Un choix à haute portée symbolique.

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Il faut parfois des symboles et des images fortes pour comprendre la réalité d’une crise et des changements induits. Dans l’univers de la restauration, s’il y a une table qui symbolise non seulement la modernité, mais également la capacité à réagir aux tendances, c’est bien celle de René Redzepi et son Noma (Copenhague). Inutile de présenter et l’un, et l’autre. Sauf à dire qu’il y a quelques semaines encore, toutes les équipes de cet ovni culinaire travaillaient sur le futur menu « légumes » qui devait être proposé sur une courte période estivale (juillet-août). 

Mais la crise mondiale du Covid-19 est passée par là, et elle y repassera peut-être, un jour. En attendant, les tables danoises rouvrent les unes après les autres mais dans un contexte différent. Comme en France, et partout dans le monde, elles reprennent vie sans trop savoir quels clients vont venir pointer le bout de leur nez. Sauf à être certaines qu’ils ne viendront pas de l’autre bout de la terre, d’Australie, du Pérou, des États-Unis ou de France pour débuter la longue série de plats que proposait le Noma. Ça, c’était avant. 

Salle du restaurant Noma

Avant la crise donc. Maintenant, il s’agit de rouvrir et de toucher la clientèle locale, captive. Pragmatique et chef d’une rare intelligence, René Redzepi s’est adapté plus vite que son ombre. La preuve avec cette photographie de burger postée sur son profil Instagram. Qui aurait pu croire, il y a encore peu, qu’un tel chef puisse faire cette proposition culinaire, un burger, sans le transformer, sans le bouleverser, sans le réinventer pour emmener le burger sur une autre planète culinaire. Là n’est plus la question. « Nous transformons Noma en un bar à vin et à burger, sans réservation. Nous voulons être accessible à tous. Comme nous devons guérir, alors venez prendre un verre et un hamburger chez Noma » explique-t-il le plus simplement du monde sur Instagram. 

Ce virage et cette photo en disent plus long que n’importe quel grand discours sur la restauration de demain. Ils prouvent que, par delà les envies légitimes des chefs, il y a un pragmatisme économique à tenir. Ils prouvent que, par delà les étiquettes que les uns et les autres leur collent dans le dos (guides, journalistes, critiques diverses…), les chefs doivent savoir sortir des « cases » et se vivre avant tout comme des « nourriciers » libres de leurs faits et gestes, seulement jugés sur la vérité et la sincérité de leur démarche. Ce que fait à la perfection René Redzepi qui, une fois de plus, se place en inspirateur de talent, même avec un simple burger.

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Lien

Profil Instagram de René Redzepi

Restaurant Noma

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Photographies

IG Redzepi / FPR

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