COVID-19 | Vers une fermeture des restaurants au moins jusqu’à la mi-mars ?

Chaque jour, l’espoir d’une réouverture prochaine des cafés et des restaurants se réduit comme peau de chagrin. Après les mots du premier ministre qui ne garantissait plus la promesse du 20 janvier, les résultats de l’étude de l’Institut Pasteur viennent doucher tout optimisme. Pire, selon plusieurs sources concordantes, les autorités n’envisageraient pas de rouvrir les restaurants avant la mi-mars.


De pire en pire. Alors même que les restaurateurs crient chaque jour leur désespoir et leur détresse, aucune bonne nouvelle ne s’annonce à l’horizon. Il y a quelques jours, le premier ministre Jean Castex annonçait que la date du 20 janvier pour la réouverture des restaurants et des cafés n’était nullement garantie. Une façon très diplomatique de dire qu’il fallait d’ores et déjà oublier ses précédentes annonces à cause de chiffres moins favorables que les projections du gouvernement. Des chiffres, encore et toujours mauvais, avec l’étude de l’Institut Pasteur publiée ce jour, jeudi 17 décembre. Baptisée ComCor, elle ne laisse planer que peu de doutes sur le fait que la fréquentation des restaurants augmente le risque d’attraper le Covid-19. Pire, elle jouerait même un rôle central dans sa propagation. « On voit dans cette étude une augmentation du risque associée à la fréquentation des bars et restaurants », explique Arnaud Fontanet, épidémiologiste à l’Institut Pasteur. Néanmoins, celui qui conseille le gouvernement en tant que membre du conseil scientifique appelle à la prudence quant à l’interprétation de ces données « sur un sujet éminemment sensible ». Il rappelle que l’étude a été menée en octobre et novembre, pendant le couvre-feu puis le confinement, quand les établissements étaient partiellement, voire complètement fermés. Il est donc difficile de savoir « quelle est la part réelle des restaurants et des bars dans la transmission » du virus, puisque cette période ne correspondait pas à leur fonctionnement normal.

En somme, l’étude semble confirmer d’autres travaux, notamment américains, qui mettent tous en avant le rôle central des restaurants dans la diffusion, mais, à chaque fois, les analyses sont au mieux relativisées, au pire contestées et contestables. Ainsi, de cette étude, qui assure que le risque de contamination au restaurant est supérieur pendant le confinement par rapport au couvre-feu. Un paradoxe rapidement tranché par Arnaud Fontanet : « Cela laisse entendre qu’il y a eu des bars et restaurants ouverts de façon clandestine pendant le confinement et que les personnes qui s’y sont rendues, même moins nombreuses, s’y sont beaucoup exposées ». 

Même fermés, les restaurants contaminent ! Situation ubuesque et, disons-le, grotesque. Mais l’étude ComCor en remet un petit coup derrière la tête en affirmant également que « les repas jouent un rôle central dans ces contaminations, que ce soit en milieu familial, amical ou à moindre degré professionnel ». Pour avancer cela, l’étude se base sur un sondage réalisé auprès de 26 500 personnes infectées et tirées au sort dans les fichiers de l’Assurance-Maladie. « Les réunions privées – familles, amis – constituent la principale source d’infection », assène Arnaud Fontanet.

Inutile de sortir de Saint-Cyr pour imaginer la suite du scénario catastrophe. Avec les fêtes de fin d’année, et à l’instar de ce qui s’est déjà passé aux Etats-Unis (Thanksgiving) ou aux Pays-Bas (Fête de la Saint-Nicolas), les contaminations vont exploser. La suite coule de source : nouvelles décisions politiques drastiques pour freiner la pandémie et un nouveau report de l’ouverture des commerces non essentiels. Selon plusieurs sources concordantes, ce schéma serait déjà celui privilégié par le gouvernement qui table sur une ouverture de tous les commerces au plus tôt à la mi-mars 2021. Une éternité.


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Photographie | AR

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