Une startup, un business model : Switch Eat, spécialiste de la vaisselle biodégradable

Depuis 2019, Switch Eat produit de la vaisselle comestible, biodégradable et compostable. Pour répondre à la fermeture des restaurants, la jeune startup nantaise s’est adaptée, en se lançant notamment sur le marché du retail. Analyse d’un modèle économique repensé sous les effets de la crise sanitaire. 


La genèse 

En janvier 2019, et après une première carrière dans le commerce, Morgane Jarny et Thomas Launay fondent Switch Eat. Ce dernier, adepte de kitesurf, a pris conscience du désastre écologique que représente le plastique lors d’un voyage sur l’île de Boracay aux Philippines, fermée quelques mois plus tard aux touristes en raison de la pollution. « Nous avons souhaité développer une alternative comestible, compostable et biodégradable à la vaisselle en plastique à usage unique », explique le co-fondateur de la startup nantaise. 

Le business model 

Rapidement, l’entreprise a lancé sa gamme de pailles, bols, coupelles, cuillères et barquettes comestibles à destination de traiteurs, de bars ou de restaurants. « Les différentes saveurs de la vaisselle peuvent par exemple être adaptées au contenu des plats », continue Thomas Launay. Les goûts neutres, sucrés (chocolat, vanille, cannelle, fraise…) ou salés (thym, provençal, épicé…), issus d’arômes naturels, offrent aux produits, outre leur dimension écologique, un intérêt gustatif. 

L’équipe d’une dizaine d’employés s’est forgée en deux ans un réseau de près de 500 clients des secteurs CHR français, belge et suisse et a enregistré une croissance de 30% sur l’exercice 2020. Un développement constant malgré la crise sanitaire, venue mettre sous cloche le secteur événementiel et la restauration, principales cibles de la startup. « Nous avons été énormément affectés par la fermeture des tables. Toutefois, nous avons réussi à trouver une nouvelle clientèle : des restaurateurs qui font de la vente à emporter ou des entreprises et des collectivités. Nous commençons à voir une potentielle réouverture des restaurants et depuis une quinzaine de jours, nous sommes très sollicités par le CHR », analyse l’entrepreneur. 

Plus récemment et en réponse à la crise, Switch Eat a également ouvert sa boutique en ligne et commencera prochainement sa collaboration avec quelques enseignes retail spécialisées dans l’alimentation (épiceries fines, magasins de vrac…). Ce faisant, elle s’est également ouverte à une clientèle de particuliers en proposant via son site l’ensemble de sa gamme dans des quantités adaptées. Si ce développement ne devrait représenter que 20% du chiffre d’affaires de la société dans les premiers mois, la startup espère voir cette part doubler à l’avenir. 

Les projets et objectifs 

D’ici quelques mois, Switch Eat devrait faire une levée de fonds et développer de nouveaux produits (gobelets et couvercles) pour compléter sa gamme. À terme, la jeune entreprise pourrait également s’ouvrir plus largement au marché retail, à de grands groupes alimentaires ou des chaînes de restaurants. « Nous n’aurons pas de souci à adapter notre production et nous pourrions créer des saveurs sur-mesure si l’entreprise le souhaite », se projette Thomas Launay. Aujourd’hui produite dans différents pays d’Europe, leur vaisselle pourrait à l’avenir être conçue dans des usines au sein des frontières hexagonales. Cette année encore, les deux entrepreneurs visent une croissance de 30% pour leur jeune société : de quoi réaliser de nouveaux recrutements et continuer à démocratiser leur concept innovant et écologique. 


Sur le même sujet | Une startup, un business model : Spiritus Sancti | ENTREPRISE | Une startup, un business model : Business of Bouffe

Pratique | Lien vers le site web de Switch Eat

Photographie | DR

Atabula 2020 - contact@atabula.com
Haut de page