Diptyque artistique : Junior Fritz Jacquet et Jessica Préalpato

Ce diptyque a été réalisé en partenariat avec Bernard Magrez, propriétaire de grands vignobles à travers le monde et à la tête de l’Institut Culturel Bernard Magrez.

À une époque où les chefs de cuisine sont devenus, pour certains d’entre eux, des forcenés de la créativité, voire des artistes culinaires à part entière, Atabula a souhaité rapprocher leurs créations et ainsi confronter visuellement les assiettes des chefs aux tableaux, sculptures et photographies des artistes présents au sein de l’Institut Culturel Bernard Magrez.


Né en 1979 en Haïti, Junior Fritz Jacquet se passionne à l’âge de quinze ans pour l’origami, un art ancestral qu’il découvre à travers les livres. En 1997, l’artiste s’inscrit au Mouvement français des plieurs de papier (MFPP), puis est admis en 2004 à la Nippon Origami Association avant de se consacrer entièrement à son art à partir de 2008. Aisément identifiables, ses œuvres pliées, de couleurs neutres et lumineuses, telles que Cadre Caldera de 2016, aspirent à créer des passerelles vers l’imaginaire.

Des caractéristiques esthétiques fortes qui font écho au dessert au lait de la Ferme de Kerbastard (Bretagne), composé de confiture de lait cru, faisselle, glace, mousse au lait cru réduit et peau de lait de la cheffe Jessica Préalpato, sacrée « Meilleure chef pâtissière du monde 2019 » par le classement du World’s 50 Best Restaurants et distinguée « pâtissière de l’année » dans la 50e édition du Gault & Millau.

©philippevauressantamaria

La peau de lait, telle une feuille délicatement froissée, recouvre le sommet de la création sucrée. Si Cadre Caldera de Junior Fritz Jacquet semble flotter dans les airs, le dessert de Jessica Préalpato, en partie grâce à la mousse au lait, est également pourvu d’une grande légèreté tant visuelle que gustative. Mais la ressemblance n’est pas uniquement esthétique : tous deux partagent une pratique régie par la simplicité. « J’essaie de réaliser chaque pièce en ne travaillant que le papier. Pas de découpage, pas de collage. Une seule feuille d’un seul tenant », explique l’artiste. Il y a une certaine pureté dans les œuvres de Junior Fritz Jacquet qui bannit la colle ou tout autre artifice. Pas question de dénaturer le papier. Une façon de penser qui n’est pas étrangère à la cheffe pâtissière du Plaza Athénée. Recrutée en 2015 par Alain Ducasse qui lui a transmis le concept culinaire de « naturalité », Jessica Préalpato s’est appropriée cette notion en pâtisserie sous le nom de desseralité. Ainsi, la cheffe incarne une nouvelle tendance privilégiant des desserts plus naturels, respectueux de l’environnement et moins sucrés. Si Junior Fritz Jacquet préserve la naturalité de ses supports, Jessica Préalpato entend également bien ne pas dénaturer les aliments qui composent ses desserts. 


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Pratique | Site de l’Institut Bernard Magrez | Site de Junior Fritz Jacquet  | Instagram de Jessica Préalpato

Photographie | Cadre Caldera, 2016 de Junior Fritz Jacquet et dessert au lait de la Ferme de Kerbastard de Jessica Préalpato ©philippevauressantamaria

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