Diptyque artistique : Stéphanie Cherpin et Tomek Kinder

Ce diptyque a été réalisé en partenariat avec Bernard Magrez, propriétaire de grands vignobles à travers le monde et à la tête de l’Institut Culturel Bernard Magrez.

À une époque où les chefs de cuisine sont devenus, pour certains d’entre eux, des forcenés de la créativité, voire des artistes culinaires à part entière, Atabula a souhaité rapprocher leurs créations et ainsi confronter visuellement les assiettes des chefs aux tableaux, sculptures et photographies des artistes présents au sein de l’Institut Culturel Bernard Magrez.


Dans son œuvre Heaven is a truck (littéralement « Le ciel est un camion »), dont le titre est inspiré d’une chanson du groupe de rock californien Pavement, Stéphanie Cherpin (née en 1979 à Paris) met en scène une douzaine de portes qu’elle suspend en hauteur grâce à des rails de chemin de fer. Cette artiste diplômée de l’École des Beaux-arts de Marseille et Bordeaux, mais aussi d’un master de philosophie, se plaît à réhabiliter des objets malmenés, souvent abandonnés, qu’elle glane en périphérie des villes, dans les zones industrielles et les décombres de chantiers. Portes, toiles de tentes ou encore vieilles baignoires ne sont jamais camouflées, mais plutôt réhabilitées. Une pratique proche du plat pigeon, céleri, pop corn au sarrasin et beurre rouge du chef Tomek Kinder.

L’un des plats phares de celui qui officie au sein du restaurant Ansitz Zum Steinbock en Italie, a été imaginé dans cette même optique. La patte de pigeon laissée entière, ingrédient souvent négligé en partie à cause de son aspect primitif, est ici au cœur de l’assiette. Il n’est pas question de dissimuler l’apparence brute de cette viande, mais plutôt de l’agrémenter au moyen de dorures. De même que les portes de Stéphanie Cherpin, présentées pour la première fois en 2011 dans la carrière de Normandoux à Poitiers, l’assiette semble avoir été incisée aléatoirement par de multiples coups de pinceau dorés, lui conférant ainsi un esthétisme dont ils ne bénéficiaient pas auparavant. Généralement délaissés, les portes ou la viande deviennent, grâce au chef et à l’artiste française, une œuvre à part entière, pour le plus grand plaisir de ceux qui ne perçoivent habituellement pas le potentiel caché de l’ordinaire.


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Photographie | Stéphanie Cherpin et Tomek Kinder

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