Le billet d’Emmanuel Rubin #1 | Misère du bourliche !

Au mauvais hasard, violent prétexte d’un méchant virus, on se souviendra de cette saison longue et ardente à voir cette drôlesse que l’on nomme restauration si vite déconsidérée en bien non essentiel, de ces mois passés à la voir encagée à la zonzon des rideaux baissés, de ces semaines à la vivre en cuisson couvre-feu, d’un été pénible à la passer en sauce pass-sanitarisée et de ce réveil en gueule de bois où son public ne semble pas franchement pressé d’y revenir tandis que son personnel s’empresse à la quitter.

On se souviendra d’un milieu soudain en crise, à la quasi renverse, en quête d’un après vertueux, si ce n’est d’une suite réfléchie mais l’on est pas près d’oublier ce certain 27 septembre 2021, du côté de Lyon, capitale des Gaules comme des gueules, au passage d’un SIRHA – grand salon cher au petit monde alimentaire – où un certain président, ce jour-là très crâne d’œuf, rabaissa le restaurant à niveau de pièces jaunes. Car, promis, juré, craché, officiel, hissez drapeau, roulez tambour, aux attentes du secteur, les hauteurs de l’Etat promirent alors le pourboire défiscalisé ! Passons le pathétique d’une gouvernance soudain prête à légitimer le black (ainsi va l’affaire), passons la réalité d’une obole depuis longtemps passée de mode à mesure que le pouvoir d’achat s’affaissait, que les additions enflaient, que la carte de crédit lessivait nos réflexes liquide et qu’après tout le service, en France, s’affichait en service compris mais, ce 27 septembre 2021, ne pas trop vite excuser ces chefs cadors, tauliers de conséquence, cuistots de breloque qui applaudirent une mesurette ne leur coûtant rien et cette start-up nation pas plus en marche qu’en mâche, ravie d’elle-même, rabaisser, une fois encore, le restaurant à misère de bourliche. On y va, on fonce ? Oui, monsieur le président, dans le mur !


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