Quand le Ritz dérape

Depuis l’annonce du départ du chef Nicolas Sale du Ritz en début d’année, le célèbre palace de la place Vendôme (Paris) ne se cherche pas seulement un chef : il s’interroge sur son identité culinaire. Faut-il se relancer dans une dispendieuse quête des étoiles en rouvrant une table de haute gastronomie ou faut-il tendre vers une offre dans l’air du temps, plus simple dans l’assiette mais mêlant classe, strass et beautiful people qui dégainent aussi bien le portefeuille que leur compte Instagram ? Alors que les restaurants ont repris du service depuis de longues semaines, le Ritz patine et… dérape.

S’il se contentait de glisser tranquillement dans sa propre cour, il n’y aurait pas grand-chose à dire. Il ne serait pas le premier à connaitre une traversée du désert gastronomique. Ce serait triste, mais nullement répréhensible. Sauf que, en réalité, le Ritz dérape chaque jour un peu plus. Depuis de longues semaines, les équipes du directeur général, Marc Raffray, téléphonent à tout-va, en quête d’une toque. Peu importe le pedigree, peu importe le parcours, peu importe que le professionnel soit en place ou pas. Ancien candidat top chef retombé dans les oubliettes médiatiques, MOF sur le retour, chef trois étoiles ou jeune chef prometteur, ils sont des dizaines à avoir reçu un coup de téléphone ou une visite pour leur proposer le si précieux poste de chef du Ritz. Pire encore, Marc Raffray et consorts n’hésitent pas à essayer de débaucher des équipes complètes déjà en place. Un coup d’oeil dans les bonnes pages des médias pour savoir qui a la faveur de la presse et des influenceurs, et hop, le palace cavale vers l’heureux élu pour le draguer ostensiblement, au mépris de toute déontologie. À la guerre comme à la guerre diront certains.

Sans respect, sans éthique et sans identité à affirmer, le Ritz s’enfonce dans des travers d’un autre âge, celui où les plus gros cherchaient à imposer, dans l’ombre, leur loi au mépris de la moralité et de la décence. Ironie du sort, en ce début décembre, personne n’a officiellement accepté ce poste qui, pourtant, devrait faire rêver la terre entière.


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Voir le commentaire (1)
  • Mouais… Je trouve ça un peu gratuit.
    Qu’on essaie de débaucher les salariés de la concurrence, tout le monde fait ça dans tout domaine.
    C’est la loi du bizzness, rien de plus.
    Inutile de faire la vierge effarouchée

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